CANCER : Des disparités de survie criantes chez les enfants
Cette nouvelle étude internationale, menée à l’Université de Bergen (Norvège) révèle des disparités de survie critiques chez les enfants atteints de cancer. A travers cette maladie qui exige une prise en charge personnalisée et de précision, et ce groupe de patients, les enfants, particulièrement vulnérables, l’analyse confirme, dans le Journal of the National Cancer Institute (JNCI), la persistance des grandes inégalités de santé dans le monde ; en effet la plupart de ces décès chez les enfants atteints de cancer surviennent en Afrique, en Asie et en Amérique latine, alors que le cancer infantile est plus fréquent en Europe et en Amérique du Nord.
La survie au cancer est étroitement liée au niveau de développement d’un pays. Les variations mises en lumière par cette analyse reflètent en grande partie les différences entre les systèmes de santé et peuvent être attribuées à un diagnostic tardif, à des options de traitement plus limitées, à une qualité des soins sous-optimale ou à l’arrêt ou la non-observance du traitement.
Alors que chaque année, plus de 200.000 enfants de moins de 15 ans reçoivent un diagnostic de cancer dans le monde,
et près de 75.000 en meurent, ce constat est sans appel : si dans les pays à revenu élevé, plus de 80 % des enfants survivent, seulement 37 % en population mondiale. Cet écart doit pouvoir être expliqué, puis comblé, expliquent les chercheurs.
L’étude internationale s'appuie sur les données du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), soit les données de près de 17.000 enfants vivant dans 23 pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Elle s’inscrit dans le cadre du projet SURVCAN-3 (Survie au cancer dans les pays en transition), initié par le CIRC. L’analyse révèle des différences frappantes. Quelques chiffres :
- à Porto Rico, près de 80 % des enfants atteints de tumeurs du système nerveux central survivent 3 ans après le diagnostic, vs 32 % en Algérie ;
- pour la leucémie, l’écart est encore plus important : de 30 % au Kenya à 90 % à Porto Rico.
- pour les différents cancers,
des écarts considérables de survie – de plus de 80 % dans les pays à revenu élevé à moins de 40 % dans certains pays à revenu faible
ou intermédiaire traduisent les inégalités entre les différents systèmes de soins de santé ;
L’auteur principal, le Dr Dagrun Slettebø Daltveit, chercheur à l’Université de Bergen, explique que ces inégalités motivent « l’urgence d’agir ». Alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est fixée pour objectif d’augmenter le taux de survie mondial à au moins 60 % d’ici à 2030, les pays doivent investir de toute urgence dans des registres du cancer à l’échelle de la population, des infrastructures permettant un diagnostic précoce et une médecine mieux personnalisée.
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