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CANCER du SEIN : Le tamoxifène, en cas de risque élevé, c'est aussi en prophylaxie

Actualité publiée il y a 2 années 6 mois 1 semaine
British Journal of General Practice

En France, chaque année, le nombre de nouveaux cas de cancer du sein est estimé à plus de 50.000 et ce cancer est responsable plus de 11.000 décès. De nombreux praticiens ignorent que le tamoxifène est également recommandé dans la prévention du cancer, pour les femmes présentant un risque modéré à élevé, en raison notamment d’antécédents familiaux. Ce sondage en ligne mené auprès des médecins généralistes et présenté dans le British Journal of General Practice, révèle que si de nombreux médecins ignorent cet usage en prophylaxie, mieux informés, ils seraient prêts à l'utiliser.

Le tamoxifène, un médicament oral d'hormonothérapie, utilisé pour la prévention et dans le traitement du cancer du sein non invasif et invasif présente un certain nombre d'effets secondaires qui peuvent parfois même décourager les patientes de poursuivre leur traitement. Les femmes atteintes de cancer du sein, ayant subi une chirurgie ou une radiothérapie se voient prescrire du tamoxifène par voie orale pendant 5 ans pour réduire le risque de récidive sur le même sein ou l'autre sein. Certaines recherches ont montré que le tamoxifène peut protéger contre le cancer du sein pendant des années après la fin du traitement, mais l'identification type de femmes qui peuvent utiliser le médicament en prévention du cancer, sans présenter d'effets secondaires graves, est un véritable défi. Car les effets secondaires du médicament peuvent être graves, dont l'embolie pulmonaire, le cancer de l'endomètre, la thrombose veineuse profonde, et les cataractes, ainsi que les bouffées de chaleur et la ménopause précoce. Une étude a déjà tenté de préciser les groupes de femmes les mieux ciblés pour le tamoxifène en prévention : cette étude a montré que les femmes ménopausées de moins de 55 ans, présentant un risque élevé de cancer à 5 ans de développer un cancer du sein de 1,66% ou plus, bénéficient d'avantages maximisés et d'effets secondaires réduits au minimum.


Les chercheurs de l'Université de Leeds, de l'University College de Londres, de l'Université Queen Mary de Londres, de l'Université de Leicester (UK) et de l'Université d'Harvard ont mené cette enquête auprès de 928 médecins généralistes. Ces médecins ont été répartis pour résoudre 4 scenarii de cas cliniques hypothétiques avec antécédents familiaux et risque >30% de cancer du sein.
L'analyse montre que :

-un praticien sur 2 ignore que le tamoxifène peut réduire le risque de cancer du sein chez les femmes qui n'ont pas de cancer mais ont un risque élevé en raison de leurs antécédents familiaux : précisément, 51,7% savent que le tamoxifène pouvait réduire le risque de cancer du sein et 24,1% sont conscients des directives (ici britanniques).

-Un médecin sur 4 sait que les lignes directrices recommandent le tamoxifène pour les femmes à risque élevé,

-les trois quarts (77%) seraient pourtant prêts à le prescrire aux femmes à risque élevé.

-aucune différence n'est constatée dans la volonté de prescrire en fonction du niveau de risque du patient,

Enfin, les chercheurs estiment que pour 42 femmes prenant du tamoxifène sur 10 ans, un seul cas de cancer du sein serait évité. Des conclusions qui révèlent une réticence des médecins généralistes à prescrire des médicaments non autorisés dans une indication, même s'ils pensent que le traitement pourrait bénéficier au patient et probablement par crainte d'effets secondaires ou de complications : ainsi, dans cette étude, les médecins généralistes invités prescrire pour la première fois le tamoxifène à une patiente s'avèrent 60% moins disposés à prescrire que les médecins généralistes invités à poursuivre une prescription déjà initiée, en particulier à l'hôpital. Ainsi, l'initiation des prescriptions de tamoxifène pour thérapie préventive n'est pas encore dans les usages. Les chercheurs évoquent une insuffisance de connaissance du potentiel du médicament et, bien évidemment des champs de prescription (indications). Il est donc urgent, concluent les auteurs, de fournir aux médecins plus d'informations sur les lignes directrices officielles, ainsi que sur les avantages du médicament.

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