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CANCER : Un antibiotique et la vitamine C pour tuer les cellules cancéreuses

Actualité publiée il y a 2 années 6 mois 3 jours
Oncotarget

Les cellules souches cancéreuses peuvent, à la différence de la plupart des cellules normales, produire de l'énergie à partir du glucose à travers toute une variété de voies. La plupart des cellules souches cancéreuses possèdent également un nombre accru de mitochondries. Ce sont les raisons pour lesquelles ces cellules cancéreuses sont capables de se développer et de se répliquer plus rapidement que les cellules normales. Cibler cette puissance particulière des cellules cancéreuses est donc une voie thérapeutique prometteuse. Cette équipe internationale marque un point sur cette voie avec une première preuve d’efficacité des antibiotiques et de la vitamine C.

Les chercheurs de l'Université de Calabre (Italie) et des universités de Manchester et de Salford (UK) suggèrent même que la vitamine C et les antibiotiques pourraient être jusqu'à 100 fois plus efficaces que les médicaments habituels pour tuer les cellules cancéreuses et cela, sans effets secondaires. Rappelons que les cellules cancéreuses « n'aiment pas du tout la vitamine C ». Et qu'une étude présentée dans la revue Science Translational Medicine a montré son efficacité en complément de la chimio. Cette nouvelle étude propose une approche combinée utilisant l'antibiotique doxycycline suivie de la vitamine C pour éliminer les cellules cancéreuses.


Les chercheurs ont mené une série d'expériences de laboratoire sur des cellules souches de cancer du sein humain. Ils rappellent les spécificités qui permettent à ces cellules souches cancéreuses de se développer et de se répliquer mieux que les cellules normales. En particulier, leur nombre accru de mitochondries, ces minicentrales cellulaires énergétiques qui confèrent leur puissance aux cellules. Les chercheurs rappellent aussi l'un des effets secondaires de l'antibiotique doxycycline, soit sa capacité à inhiber la production de protéines requises par les mitochondries et dont ils tirent profit ici : en effet, de précédentes recherches ont suggéré qu'en stoppant la production de protéines, la doxycycline pourrait tuer les cellules cancéreuses devenues alors incapables de produire de l'énergie. Au final, la recherche a examiné si 2 composés naturels (vitamine C et berbérine) et 6 molécules thérapeutiques (chloroquine (antipaludique), atovaquone, irinotecan, sorafenib, niclosamide, stiripentol) déjà approuvées pourraient tuer les cellules cancéreuses en inhibant leur production d'énergie par glycolyse, de manière encore plus efficace que la doxycycline. Voilà les principaux résultats :

La doxycycline réduit bien la capacité des cellules cancéreuses à utiliser différentes voies de production d'énergie en supprimant la production de protéines importantes pour la fonction mitochondriale ; Cet effet permet d'éliminer de nombreuses cellules cancéreuses, cependant certaines deviennent résistantes aux médicaments. Ces cellules résistantes à la doxycycline dépendent principalement de la voie de glycolyse pour la production d'énergie.

Tous les médicaments et les produits naturels contribuent à prévenir la division de ces cellules souches cancéreuses résistantes à la doxycycline. La vitamine C est le composé le plus efficace.

Les cellules souches cancéreuses apparaissent 4-10 fois plus sensibles à la vitamine C que les cellules cancéreuses non résistantes à la doxycycline.

Une nouvelle stratégie thérapeutique en 2 temps prometteuse : la conclusion est claire, la doxycycline peut tuer certaines cellules cancéreuses et rendre les autres dépendantes de la glycolyse. Cependant ces dernières cellules résistantes à la doxycycline sont alors sensibles aux produits naturels comme la vitamine C et certains médicaments dont la chloroquine. Bref une nouvelle stratégie thérapeutique en 2 temps apparaît prometteuse : 1) doxycycline pour cibler les mitochondries et 2) vitamine C (ou autre médicament) pour cibler la glycolyse.

Bien que tous ces nutriments et médicaments soient déjà approuvés, de nombreux essais restent nécessaires en particulier pour préciser la concentration permettant d'obtenir des effets similaires et sans toxicité.

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