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CANCER : Une dose modérée d’aspirine pour la prévention chez la personne âgée ?

Actualité publiée il y a 2 semaines 5 jours 5 heures
JAMA Oncology
L’aspirine à faible dose pourrait être un bon outil de prévention individualisée du cancer chez les personnes âgées (Visuel Adobe Stock 7986371)

L’aspirine à faible dose pourrait être un bon outil de prévention individualisée du cancer chez les personnes âgées, mais pas chez toutes les personnes âgées, conclut cette recherche internationale, soutenue par le National Cancer Institute, National Institutes of Health (NIH). Les conclusions, publiées dans le JAMA Oncology, précisent que l'effet du traitement individualisé par l'aspirine à faible dose sur la prévention du cancer chez les personnes âgées peut varier en effet, avec les caractéristiques spécifiques des participants.

 

L’aspirine s’est révélée un agent prometteur pour la prévention du cancer colorectal. Des méta-analyses ont rapporté une réduction de 20 % à 30 % de l’incidence du cancer chez les utilisateurs réguliers. Cependant, le groupe de travail américain sur les services de prévention de 2022 a conclu que les preuves étaient insuffisantes pour recommander l’aspirine à faible dose (ADF) en prévention du cancer, en particulier chez les adultes de 60 ans et plus.

 

Ainsi la question se pose, chez les personnes âgées en bonne santé, de l'effet de l'aspirine à faible dose (AFD) sur la prévention du cancer : cet effet varie-t-il en fonction des caractéristiques individuelles ? Cette équipe internationale apporte une première réponse, concluant à l’hétérogénéité des effets individualisés du traitement par AFD (100 mg par jour) pour la prévention du cancer.

Préciser ce rôle possible de l'aspirine à faible dose dans la prévention du cancer

chez les personnes âgées, permettrait d’identifier celles susceptibles d'en tirer un bénéfice ou un préjudice.

 

L’étude est l’analyse secondaire de l’essai clinique randomisé ASPREE (Aspirin in Reducing Events in the Elderly) mené entre 2010 et 2014, auprès de 9.350 adultes en bonne santé âgés de 70 ans ou plus. Le critère d’évaluation principal était l’incidence globale du cancer à 5 ans. L’analyse de ces données conclut à :

  • l’hétérogénéité des effets individualisés du traitement par AFD sur la prévention du cancer ;

  • en effet, le statut de non-fumeur et une hématopoïèse clonale de potentiel indéterminé (ou CHIP : caractérisée par l'acquisition de mutations au sein de cellules hématopoïétiques en absence de toute hémopathie maligne) avec une fréquence d'allèle variant de 10 % ou plus sont les 2 principales conditions associées à un bénéfice de l'AFD.
  • les facteurs associés au bénéfice de l’AFD comprennent donc le statut de non-fumeur, un CHIP avec une fréquence d’allèle variant de 10 % ou plus, mais aussi l’âge avancé, des antécédents familiaux de cancer et un indice de masse corporelle faible ;
  • chez les participants « éligibles », le traitement personnalisé accroît la réduction du risque absolu de cancer à 5 ans de 2,3 % en médiane (IQR : 0,7 %-3,7 %).

En conclusion, l’AFD peut contribuer à la prévention du cancer chez les personnes âgées, le « CHIP » étant identifié comme un facteur prédictif clé.

 

Des études complémentaires sont nécessaires pour comprendre pleinement les implications de ces nouvelles données.

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