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CANNABIS : Aux Etats-Unis, 80% des oncologues en parlent avec leurs patients

Actualité publiée il y a 1 année 4 mois 9 heures
Journal of Clinical Oncology
Aux Etats-Unis,  jusqu'à 80% des oncologues discutent du recours au cannabis médical avec leurs patients, mais il existe encore des lacunes importantes

En 1996, la Californie était le premier État autoriser l’usage du cannabis médical, aujourd’hui cet usage est légal dans plus de 30 États, et en particulier dans la prise en charge du cancer. Aux Etats-Unis, la plupart des oncologues discutent du cannabis médical avec leurs patients, sans cependant avoir, dans de nombreux cas, toutes les informations et la formation nécessaire. Cette étude, menée par sondage et présentée dans le dans le Journal of Clinical Oncology de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) confirme le cannabis médical comme un sujet important dans les soins du cancer et son efficacité dans l’esprit de la majorité des oncologues.

 

Car les données de l’enquête montrent que d’une part jusqu'à 80% des oncologues discutent du recours au cannabis médical avec leurs patients, mais qu’il existe pourtant des lacunes importantes, « à combler », précise l’auteur principal, le Dr Ilana Braun sur les effets et l’efficacité du cannabis à réduire différents symptômes : « Nous devons combler ces lacunes afin que les médecins aient l'information objective dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées concernant l'usage du cannabis médical ». En effet, dans les faits, très peu d’essais cliniques randomisés n'ont pu examiner l’efficacité du cannabis à soulager les symptômes tels que la douleur, l'insomnie, les nausées et les vomissements chez les patients atteints de cancer.

 

De nombreuses études ont exploré l'utilisation de cannabinoïdes pharmaceutiques, composés d'un ou deux ingrédients actifs. Les récentes directives de pratique clinique de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) reconnaissent également les lacunes dans les connaissances sur l’usage du cannabis médical en oncologie. Ces lignes directrices notent l’insuffisance de preuves insuffisantes pour pouvoir recommander, de manière éclairée, le cannabis médical pour gérer, par exemple, la douleur chronique chez les survivants du cancer. Pourtant des preuves, mais insuffisantes, suggèrent son efficacité. Et c’est idem pour la prévention des nausées et des vomissements chez les patients atteints de cancer qui reçoivent une chimiothérapie ou une radiothérapie.

 

Cette enquête a été menée auprès de 237 oncologues praticiens aux États-Unis, choisis au hasard dans une base de données nationale et dont 55% pratiquent dans les États où l’usage du cannabis médical est légal. L’enquête a demandé aux oncologues s’ils en discutaient avec les patients, quelles étaient leurs recommandations et leurs connaissances sur le cannabis médical. Les médecins ont également été interrogés sur l'efficacité du cannabis contre des symptômes comme la douleur, les nausées et les vomissements, la dépression, l'anxiété, le manque d'appétit, le manque de sommeil et la capacité d’adaptation en général. L’analyse des réponses constate que :

 

  • la plupart des médecins sont interrogés par leurs patients sur l’efficacité du cannabis ;
  • de nombreux médecins expriment leurs besoins d’ »information et de formation pour pouvoir mieux répondre à leurs patients ;
  • 80% discutent du cannabis médical avec leurs patients,
  • 78% à l’initiative du patient et/ou de sa famille ;
  • moins de 30% se sentent suffisamment informés pour faire des recommandations ;
  • 46% ont néanmoins recommandé le recours au cannabis médical à leurs patients au cours de l’année précédente ;
  • 67% pensent que le cannabis est efficace à soulager la douleur, en combinaison avec des thérapies standard,
  • une majorité considère que le cannabis présente un risque moindre vs les opioïdes de décès par surdose ( 75%) et de dépendance (52%) ;
  • 65% considèrent le cannabis comme tout aussi efficace ou plus efficace que les traitements standard pour réduire le manque d'appétit et contrer une perte de poids extrême ;
  • Dans le cas de nombreux autres symptômes, la majorité des médecins répondants disent « je ne sais pas » ; c’est le cas de 29% pour les nausées et les vomissements et de 45% pour les troubles du sommeil.

 

Enfin, les médecins de ville apparaissent plus susceptibles de recommander le cannabis médical vs les oncologues en milieu hospitalier (54% vs 35%).

Les chercheurs appellent donc à d’autres essais cliniques pour combler ces lacunes dans les connaissances concernant l'utilisation du cannabis médical.

 

« Il ressort clairement de cette étude que les patients et leurs familles veulent en savoir plus sur le cannabis médical pour le traitement des symptômes liés au cancer, et entament souvent des discussions avec leurs oncologues. Nous, médecins, devons être prêts à leur répondre”.

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