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CANNABIS : Consommation trop précoce et « risque psychotique »

Actualité publiée il y a 3 semaines 3 jours 13 heures
Psychological Medicine
On sait que les effets néfastes du cannabis sur le cerveau se concentrent sur la période critique du neurodéveloppement (Visuel Adobe Stock 55327525)

On sait que les effets néfastes du cannabis sur le cerveau se concentrent sur la période critique du neurodéveloppement, c’est-à-dire in utero et de l’enfance à l’adolescence. Cette recherche menée par des addictologues de l’Institute for Clinical Evaluative Sciences (Ontario) confirme l(‘adolescence comme une fenêtre de vulnérabilité mais apporte également, dans la revue Psychological Medicine de nouvelles preuves qui suggèrent une association entre la consommation de cannabis chez les adolescents, et les troubles psychotiques, plus forte qu'on ne le pensait.

 

C’est précisément un risque -ou une incidence- 11 fois plus élevé de trouble psychotique qui est retrouvé chez les adolescents consommateurs, vs non-consommateurs. Cette augmentation remarquable du risque pourrait s’expliquer par les données plus anciennes prises en compte par les précédentes recherches sur le sujet, mais aussi par l’augmentation de la teneur moyenne en THC du cannabis, estimée à environ 1 % en 1980 et à 20 % en 2018.

 

 

L’étude analyse les données d'une enquête démographique menée auprès de plus de 11.000 jeunes vivant au Canada, des dossiers d'utilisation des services de santé, dont les hospitalisations et les visites aux Urgences. L’analyse confirme :

 

  • une association dépendante de l’âge entre la consommation autodéclarée de cannabis et le diagnostic ultérieur de troubles psychotiques ;
  • aucune preuve d’une association similaire n’est, en revanche, retrouvée chez les jeunes adultes ;

 

L’auteur principal, André McDonald, chercheur à l’ICES, note que ces premiers résultats confirment la vulnérabilité des adolescents « pendant la période neurodéveloppementale ».

 

  • Parmi les adolescents hospitalisés ou qui se sont rendus aux urgences pour un trouble psychotique, environ 5 sur 6 avaient déjà consommé du cannabis ;
  • cependant, « la grande majorité des adolescents qui consomment du cannabis ne développeront pas de trouble psychotique » ;
  • en revanche, la plupart des adolescents vivant avec un trouble psychotique ont dans la plupart des cas, une histoire de consommation de cannabis.  

 

Si les chercheurs reconnaissent des limites à ces conclusions et appellent à mener d’autres recherches plus larges, ils réaffirment leurs préoccupations liées à la consommation précoce de cannabis, en particulier en regard de la légalisation croissante de la substance.

« Au fur et à mesure que les produits à base de cannabis deviennent plus largement disponibles et sont plus concentrés en THC, le développement de stratégies de prévention et d’éducation ciblant les adolescents s’impose ".

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