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CANNABIS : Sur la perception générale d’une substance inoffensive

Actualité publiée il y a 1 semaine 2 jours 9 heures
Cannabis and Cannabinoid Research
Environ 30 % des femmes -ici en âge de concevoir- considèrent le cannabis comme une substance « inoffensive » (Visuel Adobe Stock 292844205)

Environ 30 % des femmes -ici en âge de concevoir- considèrent le cannabis comme une substance « inoffensive », relève cette étude menée par une équipe de la Florida Atlantic University (FAU) et de l’Université George Mason (Virginie). Alors que la consommation de cannabis emporte des risques pour les groupes plus vulnérables, ont les femmes enceintes, ces données, présentées dans la revue Cannabis and Cannabinoid Research, incitent à une meilleure éducation des femmes en âge de concevoir, ou des femmes en situation de fragilité, en raison d’un handicap, notamment.

 

Un nombre croissant d’États et de territoires aux États-Unis ont légalisé la consommation thérapeutique et récréative du cannabis. Aujourd’hui, le cannabis récréatif est largement perçu comme sans risque de préjudice pour la santé, en population générale- américaine.

 

Cependant, soulignent ces chercheurs de la FAU, sa consommation chez les femmes en âge de procréer, et en particulier durant la grossesse, peut augmenter certains risques pour la mère et le bébé : notamment le risque de faible poids de naissance, d’accouchement prématuré, de petite taille pour l'âge gestationnel, d'admission à l'unité de soins intensifs néonatals  (USIN) et de décès du nourrisson Bien cerner la perception des effets de la substance auprès des groupes de population plus vulnérables telles que les femmes enceintes et les femmes handicapées est essentiel pour développer des interventions d’éducation, de sensibilisation, et de prévention.

 

L’étude a regardé la perception du cannabis et sa consommation auprès d'un échantillon de 20.234 femmes âgées de 18 à 49 ans. Les chercheurs ont pris en compte le statut de handicap. Les handicaps pris en compte dans l’analyse comprenaient les déficiences sensorielles (audition et vision), cognitives (difficultés à se souvenir et à se concentrer) et quotidiennes (par exemple, mobilité et fonctionnement au quotidien). Les chercheurs ont également pris en compte l’origine ethnique, l’âge, le statut marital, le niveau de revenu, le statut d’assurance maladie au cours de l’année écoulée et la légalisation du cannabis médical dans l’état de résidence. L’analyse révèle que :

 

  • 27 % des femmes sans handicap, ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois ne perçoivent aucun risque pour la santé, associé à une consommation hebdomadaire de cannabis ; 
  • cette proportion est encore plus élevée en cas de handicap :

  • 60 % des femmes avec handicap ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois ne perçoivent aucun risque pour la santé, associé à une consommation hebdomadaire de cannabis ;
  • ne percevoir aucun risque associé à la consommation hebdomadaire de cannabis est plus évident chez les femmes âgées de 21 à 29 ans (34 %), les femmes vivant seules (32 %), avec de plus faibles revenus (31 %), percevant leur santé comme passable/mauvaise (35 %) et ayant vécu un épisode dépressif majeur au cours des 12 derniers mois (36 %) :
  • en d’autres termes, un état de santé plus dégradé fait percevoir le cannabis médical comme une substance sans risque, et probablement comme une option thérapeutique efficace et inoffensive.

 

Par ailleurs, l’étude révèle une association entre la fréquence ou l’importance de « l’exposition » (ou consommation) au cannabis et la probabilité qu’une femme ne perçoive aucun danger pour sa santé de sa consommation hebdomadaire. Ce qui pourrait suggérer une faible incidence d’effets indésirables. Les auteurs notent d’ailleurs que de précédentes recherches montrent que les résidents d’États où le cannabis est légal sont plus susceptibles de croire que le cannabis présente des avantages.

 

Cependant, l’auteur principal, le Dr Lea Sacca, professeur de santé des populations et de médecine sociale à la FAU, rappelle les dangers de la substance pour les groupes de population plus vulnérables et appelle à « une approche à plusieurs volets pour lutter contre la consommation de cannabis chez ces groupes vulnérables telles que les femmes handicapées ou en âge de procréer ».

 

« Il existe un besoin urgent d’éducation sur les risques de la consommation de cannabis pour les femmes en âge de procréer. Les obstétriciens-gynécologues peuvent jouer un rôle important en informant et en éduquant les patientes sur les comportements sains à adopter dès la conception ».

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