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CARCINOME épidermoïde de la bouche : Une crème topique pour rétrécir la tumeur

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 5 jours
Molecular Therapy Oncolytics
Surmonter la résistance à la chimiothérapie par cisplatine est ainsi un vrai défi dans le traitement du carcinome épidermoïde oral (Visuel Fotolia 190684717)

Le carcinome épidermoïde de la bouche qui représente plus de 90% des cas de cancer de la bouche est traité par chimiothérapie et par radiothérapie, cependant de nombreux patients développent une résistance au cisplatine, le principal médicament utilisé pour le traiter. Surmonter la résistance à la chimiothérapie par cisplatine est donc un vrai défi dans le traitement du carcinome épidermoïde oral. Cette équipe de pharmacologues et de cancérologues a développé et documente dans la revue Molecular Therapy Oncolytics une pommade topique, contenant un facteur antitumoral qui permet de booster l'efficacité du traitement.

 

Dans le carcinome épidermoïde oral, l'expression du gène miR-634 est régulée positivement et contribue à la résistance au cisplatine. La présence de miR-634 dans les cellules tumorales favorise la résistance au traitement, en ciblant simultanément plusieurs gènes associés à des processus cytoprotecteurs, dont « cIAP1 », un gène qui joue un rôle central dans le processus anti-apoptotique. Ces scientifiques proposent de traiter les cellules cancéreuses buccales avec une pommade topique qui cible les facteurs protumoraux afin d’augmenter l'efficacité du traitement par cisplatine.

Dans le carcinome épidermoïde oral, l'expression du gène miR-634 est régulée positivement et contribue à la résistance au cisplatine (Visuel Department of Molecular Cytogenetics, TMDU).

Augmenter la sensibilité du carcinome au cisplatine

Les scientifiques montrent que miR-634 favorise certains processus de protection cellulaire, tels que la signalisation anti-apoptotique et le piégeage des antioxydants, qui sont activés dans les cellules cancéreuses résistantes au cisplatine, explique le chercheur Phuong Xuan Tran, auteur principal de l'étude. « Nous avons donc fait l’hypothèse que cibler cette petite molécule dans les cellules pourrait augmenter leur sensibilité au traitement ».

 

  • In vitro : lorsque les chercheurs traitent 2 lignées cellulaires carcinome épidermoïde oral en « fonçant l’expression « du miARN, ils observent une augmentation de la cytotoxicité induite par le cisplatine.  Cela permet de surmonter la résistance au cisplatine et entraîne une augmentation claire de la destruction des cellules tumorales.
  • In vivo : lorsque les chercheurs testent la combinaison de traitement chez des souris modèles de cancer buccal, l’injection de cisplatine et l’application de la pommade ciblant miR-634 permettent une diminution rapide des tumeurs.  

 

Ainsi, concluent les chercheurs, « la répression médiée par miR-634 des facteurs protumoraux permet d’augmenter efficacement la sensibilité de la tumeur buccale aux chimiothérapies, dont le cisplatine ». Alors que les effets synergiques du miR-634 et du cisplatine ont également été observés dans le carcinome épidermoïde de l'œsophage, le cancer de la vessie et sur des lignées cellulaires du cancer de l'ovaire,

 

cette combinaison de traitements promet d'être efficace pour d’autres types de cancer.

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