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CERVEAU : Il doit suivre aussi le bon régime alimentaire

Actualité publiée il y a 11 mois 3 semaines 3 heures
PLoS ONE
Le connectome illustre les connexions entre les différentes zones cérébrales.

Une hormone, FGF23, liée à des déficits structurels dans le cerveau, c’est la découverte de cette équipe de l’Université de Caroline du Sud. Une découverte documentée dans la revue PLoS ONE qui suggère des interventions visant à améliorer les habitudes alimentaires pour améliorer, aussi, la santé du cerveau.

 

Les scientifiques de Caroline du Sud (MUSC) documentent ici des mécanismes par lesquels des niveaux élevés d'une hormone appelée FGF23 peuvent impacter la santé du cerveau. Ils montrent que des taux élevés de facteur de croissance des fibroblastes 23 (FGF23) sont associés à des modifications structurelles des lobes frontaux du cerveau. Ces taux élevés de FGF23 sont déjà connus pour conduire à la calcification vasculaire chez les patients atteints d'insuffisance rénale chronique. L'étude suggère qu’un processus similaire peut également affecter le cerveau de patients exempts de maladie rénale chronique, mais présentant des facteurs de risque cardiovasculaires élevés. « Nous constatons qu'il existe une relation entre des niveaux élevés de FGF23 et une forme de compromis structurel dans le cerveau », explique l’auteur principal, le Dr Leonardo Bonilha, professeur agrégé de neurologie au Département de médecine du MUSC.

 

FGF23 est une hormone produite dans l'os. Normalement, FGF23 agit dans les reins et les intestins pour réguler les taux de calcium et de phosphate dans le corps. Cependant FGF23 apparait augmenté chez les personnes qui suivent un régime alimentaire riche en phosphates, présents en plus forte concentration dans les aliments contenant des agents de conservation. Chez les personnes atteintes d'insuffisance rénale chronique ou chez celles qui consomment une alimentation riche en phosphates, la calcification des artères pouvant provoquer une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral pourrait s’expliquer par des niveaux élevés de FGF23.

 

L’analyse du connectome en fonction des niveaux de FGF23 : l’équipe a regardé si FGF23 peut entraîner des problèmes cérébraux chez les personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaires élevés, tels que l'hypertension, le diabète ou l'hypercholestérolémie. L'idée était de vérifier si un taux élevé de FGF23, chez des sujets exempts de maladie rénale chronique, était un indicateur de risque de problèmes cérébrovasculaires. L’étude est menée chez 50 patients dont la moitié avec facteurs de risque cardiovasculaires élevés et la moitié exempte de ces facteurs de risque. Tous les patients présentaient une fonction rénale normale. Par imagerie par résonance magnétique, les chercheurs ont analysé le connectome (Visuel) dans le cerveau des patients qui illustre les connexions entre les différentes zones cérébrales. Les chercheurs dont pu également examiner la substance blanche du cerveau, plus vulnérable au type de stress qui peut survenir en cas de calcification des vaisseaux. Les lobes frontaux, qui contrôlent l'apprentissage et les fonctions cognitives complexes, ont une densité de substance blanche particulièrement élevée et peuvent donc être les plus vulnérables à ce type de stress.

 

L’analyse de la modularité du connectome révèle, quant à elle, l’organisation des différentes parties du cerveau. Les personnes ayant une modularité anormalement élevée présentent des niveaux de déconnexion plus élevés dans le cerveau, ce qui peut suggérer des problèmes de santé cérébrale dans ces zones.

  • Chez les patients présentant des taux élevés de FGF23 et des facteurs de risque cardiovasculaires,
  • la modularité du connectome est élevée ;
  • chez les patients sans facteur de risque cardiovasculaire, les taux de FGF23 ne semblent pas associés à une modularité accrue ;
  • FGF23 est en revanche bien associé à des problèmes de santé cérébrale chez les personnes qui souffrent déjà d'hypertension, de diabète ou de cholestérol élevé ;
  • des taux élevés de FGF23 peuvent entraîner des dommages structurels dans certaines zones du cerveau, ce qui peut accroître le risque d'accident vasculaire cérébral ou de problèmes de récupération.

 

Mieux comprendre les facteurs « alimentaires » liés à la santé cérébrale, est bien évidemment essentiel, car la santé du cerveau ou cognitive est associée au vieillissement et à la récupération. Une vulnérabilité dans le cerveau des patients présentant des taux élevés de FGF23 peut entrainer une récupération plus difficile post-AVC. Alors que de précédentes études ont déjà souligné que les taux de FGF23 sont élevés chez les personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaires et qui consomment une alimentation riche en phosphates, ces nouveaux résultats soulignent l'importance d'une alimentation saine pour protéger, aussi, notre cerveau.

Une première étape importante pour mener à des stratégies alimentaires favorables à la santé du cerveau.

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