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CHIRURGIE BARIATRIQUE : Elle allège aussi le risque de cancer

Actualité publiée il y a 4 mois 4 semaines 1 jour
Journal of Clinical Oncology
Lorsqu’elle permet une de poids de plus de 20%, la chirurgie de l’obésité réduit de moitié le risque de cancer

La chirurgie bariatrique ou chirurgie de perte de poids est aujourd’hui largement documentée pour ses bénéfices métaboliques et cardiovasculaires chez les patients atteints d’obésité morbide. Cette étude de l'Oregon Health & Science University élargit encore ces bénéfices, en montrant que lorsqu’elle permet une de poids de plus de 20%, cette chirurgie de l’obésité réduit de moitié le risque de cancer. Ces résultats, présentés dans le Journal of Clinical Oncology et lors de l’ObesityWeek 2019, ne surprennent pas vraiment, alors que l’obésité est un facteur majeur de risque de nombreux cancers.

 

L'obésité est liée à plus de 40 maladies, dont le diabète de type 2, l'hypertension, la maladie cardiaque, l’accident vasculaire cérébral, l'apnée du sommeil, l'arthrose et plusieurs types de cancer différents. Les chercheurs estiment que seul 1% des personnes atteintes d’obésité morbide subissent aujourd’hui une procédure bariatriques. Pourtant cette chirurgie est aujourd’hui documentée comme le traitement le plus efficace et le plus durable de l'obésité sévère, elle permet une perte de poids importante, une rémission ou une amélioration du diabète, des maladies cardiaques, de l'apnée du sommeil et de nombreuses autres comorbidités de l'obésité.

Un risque de cancer réduit de moitié avec une perte de poids >20%

L’étude compare les différences de risque de cancer chez 2.107 patients obèses sévères, âgés en moyenne de 46 ans, ayant subi une chirurgie de perte de poids, par pontage gastrique laparoscopique ou anneau gastrique. Environ un tiers de ces patients étaient atteints de diabète de type 2 et 44% avaient déjà fumé avant l'opération. Des biomarqueurs sériques du poids et du cancer (protéines détectées dans le sang, l'urine ou les tissus corporels) ont été mesurés avant l’intervention, puis un an après la chirurgie. Les chercheurs ont également pris en compte les facteurs de confusion possibles , dont l'âge, le sexe, le niveau d’études et le tabagisme. Enfin, l’étude a comparé les différences de risque en fonction de la perte de poids induite par la chirurgie bariatrique. L’analyse montre que :

  • l'IMC moyen 12 mois après la chirurgie est de 33 et la perte moyenne du poids excédentaire est de 58% ;
  • un indice de masse corporelle (IMC) >30, 1 an après une chirurgie bariatrique, est associé à un risque de cancer 60% plus élevé vs un IMC <30 ;
  • le type de cancer le plus courant était le cancer du sein (34%), suivi de la thyroïde (8,5%), du mélanome (7%), du côlon (6%), des reins (6%), de l'utérus (5%) et des poumons (4%). L'incidence des cancers de la vessie, du col de l’utérus, de la prostate, du cerveau, de l'endomètre, de l'œsophage, de l'estomac et des testicules est <3% chez ces participants ;
  • 6,2% des patients ayant perdu moins de 20% de leur poids corporel avec la chirurgie, ont reçu un diagnostic de cancer dans les 7 années suivant l’intervention, vs 3,6% des patients ayant perdu 20% ou plus de leur poids corporel. 

 

 

20%, le seuil de perte de poids associé à une réduction drastique du risque de cancer : une perte de 20% du poids corporel, qui correspond, estiment les chercheurs à la perte de 50% du poids en excédent permet chez les patients ayant subi une chirurgie post-bariatrique de réduire considérablement leur risque de cancer, explique l’auteur principal, le Dr Andrea M. Stroud, professeur de chirurgie bariatrique à l'Oregon Health & Science University : « il semble y avoir une variabilité dans l'effet protecteur de la chirurgie bariatrique qui dépend du degré de perte de poids ».

 

 

Des changements métaboliques après la chirurgie contribuent à réduire le risque de cancer : pour chaque réduction de 20% des niveaux de leptine, une hormone libérée par les cellules adipeuses, l’équipe constate une réduction de 20% de l'incidence du cancer. Des diminutions des taux de glucose, de proinsuline, d'insuline et de peptide C à jeun et une augmentation des taux de ghréline, l'hormone de la faim, sont également associées à une réduction du risque de cancer.

 

On sait que l'obésité est un facteur de risque majeur de cancer, en particulier de cancers du sein, de la prostate et du côlon. L'obésité a également été associée à un risque accru de récidive et de mortalité chez les patients atteints de cancer. Ainsi, pour les patients souffrant d'obésité sévère, la chirurgie bariatrique est le traitement le plus efficace pour prévenir un certain nombre de maladies, notamment le diabète, la maladie cardiaque et le cancer, concluent les chercheurs.

D’autant que le profil de sécurité de la chirurgie bariatrique laparoscopique est aujourd’hui comparable à celui des chirurgies les plus sûres et les plus couramment pratiquées.

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