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COLÈRE : Un seul accès et c’est la rigidité artérielle

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 4 jours
JAHA
De brefs épisodes de colère suffisent à altérer durablement le fonctionnement des vaisseaux sanguins (Visuel Fotolia 62262091)

De brefs épisodes de colère suffisent à altérer durablement le fonctionnement des vaisseaux sanguins, et à induire un risque accru de maladie cardiaque et d'accident vasculaire cérébral (AVC), selon une recherche menée à l’Unversité Columbia (New York) et publiée dans le Journal of the American Heart Association (JAHA). La colère attaque principalement les cellules endothéliales qui tapissent les vaisseaux sanguins, ce qui restreint la circulation sanguine et induit ce risque de maladie cardiaque.

 

La colère apparaît la principale émotion négative à déclencher cet effet, les épisodes d’anxiété et de tristesse n’entraînant pas le même changement dans le fonctionnement de la muqueuse des vaisseaux sanguins. Ici, la recherche révèle que le souvenir seul, d'expériences négatives passées, qui peut faire rejaillir la colère, peut avoir cet impact négatif de rigidité artérielle à se détendre, ce qui est essentiel à une bonne circulation sanguine.

 

De précédentes recherches ont déjà documenté l’importance de cette capacité des vaisseaux sanguins à se détendre pour la santé cardiovasculaire et les effets de la rigidité artérielle sur le développment de l’athérosclérose, puis de la maladie cardiaque et de l’AVC.

 

L’auteur principal, le Dr Daichi Shimbo, professeur de médecine au centre médical Irving de l'université Columbia rappelle les études observationnelles ayant déjà établi ce lien entre les sentiments d’émotions négatives et une crise cardiaque ou d’autres maladies cardiovasculaires. Cependant, ces recherches ont mis plus en avant ces effets de la colère, même si l’anxiété et la tristesse ont parfois été associées au risque de crise cardiaque.

Le bien-être mental, un atout pour la santé cardiaque

L’étude examine comment les émotions négatives peuvent avoir un impact négatif sur le fonctionnement des vaisseaux sanguins auprès de 280 participants répartis au hasard à l'une de 4 « tâches » émotionnelles pendant 8 minutes : se remémorer un souvenir personnel qui les a mis en colère ; se remémorer un souvenir personnel d'anxiété ; lire une série de phrases déprimantes induisant la tristesse ; ou compter à plusieurs reprises jusqu'à 100 pour induire un état émotionnellement neutre. Les participants étaient âgés en moyenne de 26 ans et en bonne santé, c’est-à-dire exempts d'antécédents de maladie cardiaque, d'accident vasculaire cérébral, de pontage ou de pose de stents, d'accident ischémique transitoire, de maladie artérielle périphérique, d'insuffisance cardiaque, d'hypertension artérielle, d'hypercholestérolémie, de diabète de type 2 ou de diagnostic autodéclaré de troubles mentaux.

 

L’équipe a évalué le comportement des cellules endothéliales, tapissant les vaisseaux sanguins avant les tâches et à plusieurs moments après, à la recherche de preuves d’une dilatation altérée des vaisseaux sanguins, d’une augmentation des lésions cellulaires et/ou d’une capacité réduite de réparation cellulaire. L’expérience révèle que :

 

  • les tâches qui provoquent de la colère entraînent une altération de la dilatation des vaisseaux sanguins, de zéro à 40 minutes après la tâche ;
  • cette anomalie disparaît 40 minutes plus tard ;
  • en revanche, aucun changement statistiquement significatif n’est observé sur les parois des vaisseaux sanguins des participants après des tâches émotionnelles entraînant l’anxiété et la tristesse.

 

« Un état de colère entraînait un dysfonctionnement des vaisseaux sanguins. Comprendre le processus sous-jacent va nous aider à identifier des cibles d'intervention efficaces pour les personnes à risque accru d'événements cardiovasculaires ». Ainsi, ces personnes seraient encore plus à risque de de maladie cardiaque et d’accident vasculaire cérébral, en cas d’accès fréquents de colère.

 

La recherche apporte ainsi à la preuve de l’importance du bien-être mental pour la santé, et notamment la santé cardiovasculaire. Chez les personnes déjà à risque cardiovasculaire, une bonne régulation du stress et des émotions trop violentes s’impose.

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