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COVID-19 : Cannabis et hallucinogènes, leur usage marque aussi un pic pandémique

Actualité publiée il y a 3 mois 1 semaine 6 jours
NIDA
La consommation de cannabis et d'hallucinogènes chez les jeunes adultes a atteint un niveau record en 2021, en pleine période de pandémie COVID-19 (Visuel Adobe Stock 297152964)

La consommation de cannabis et d'hallucinogènes chez les jeunes adultes a atteint un niveau record en 2021, en pleine période de pandémie COVID-19, conclut cette analyse des données de Monitoring the Future (MTF) menée par un groupe d’experts du National Institute on Drug Abuse (NIDA/NIH). L’analyse révèle également une reprise marquée du vapotage depuis le mois dernier, après une baisse durable durant la pandémie.

 

Le Dr Nora Volkow, M.D., directrice du NIDA, rappelle à quel point évaluer et expliquer la consommation de substances peut permettre de mieux comprendre le bien-être ou le mal-être des sociétés, et, en particulier chez les jeunes et les jeunes adultes, sur les interventions qui peuvent contribuer à soutenir leur épanouissement et leur réussite dans les années à venir.

 

Depuis 1975, l'étude Monitoring the Future permet de suivre et d’évaluer chaque année, les comportements et les attitudes liés à la consommation de substances parmi un échantillon d'adolescents représentatif à l'échelle nationale. Les participants déclarent eux-mêmes leurs consommations de substances, en moyenne au cours de la vie, durant les 12 derniers mois et durant le mois écoulé (30 jours). L'étude MTF est à l'Université du Michigan, à Ann Arbor. Cette dernière analyse a porté sur les données recueillies en ligne d'avril 2021 à octobre 2021.

Principales conclusions concernant les usages des jeunes adultes

La consommation de cannabis et d'hallucinogènes au cours de l'année écoulée par les jeunes adultes de 19 à 30 ans (ici aux Etats-Unis) a considérablement augmenté en 2021 par rapport à il y a 5 et 10 ans, atteignant des sommets historiques dans ce groupe d'âge depuis 1988, selon cette analyse des dernières données de la cohorte Monitoring the Future ;

  • ainsi, la proportion de jeunes adultes déclarant avoir consommé du cannabis au cours de l'année précédente a atteint 43 % en 2021, une augmentation significative par rapport aux 34 % d’il y a 5 ans (2016) et les 29 % d’il y a 10 ans (2011). La consommation de cannabis au cours du mois précédent est déclarée par 29 % de ces jeunes adultes en 2021 ;
  • l'utilisation d'hallucinogènes relativement stable au cours des dernières décennies jusqu'en 2020, a augmenté de façon spectaculaire. En 2021, 8 % des jeunes adultes ont déclaré avoir consommé des hallucinogènes au cours de l'année précédente, ce qui représente un record absolu depuis la première enquête de la catégorie en 1988. Les types d'hallucinogènes consommés comprennent le LSD, la MDMA, la mescaline, le peyotl, les «champignons» ou la psilocybine et le PCP. Le seul hallucinogène mesuré dont l'utilisation a diminué de manière significative est la MDMA (ou ecstasy ou Molly), montrant des diminutions statistiquement significatives en un an ainsi qu'au cours de ces 5 dernières années.

 

L’utilisation de la cigarette électronique, qui avait considérablement diminué depuis 2020, rebondit à ses niveaux prépandémiques ; ainsi, en 2021, la prévalence du vapotage avec nicotine a presque triplé pour atteindre 16 % vs 6 % en 2017, lorsque ce comportement a été évalué par l’étude, pour la première fois ;

 

La  consommation d’alcool suit, mais en moyenne, une tendance à la baisse depuis une décennie, et elle semble avoir été moins impactée par la pandémie et ses changements de mode de vie, l’alcool reste toujours la substance la plus consommée chez les adultes.

  • La consommation excessive d'alcool ou les épisodes de binge drinking, soit 5 verres ou plus d’affilée ont néanmoins rebondi en 2021 après un creux historique en 2020, au cours des premiers stades de la pandémie de COVID-19.
  • les épisodes de consommation très excessive voire d’ivresse, définis par 10 verres ou plus d'affilée au cours des deux dernières semaines- augmentent régulièrement sur ces 10 dernières années, atteignant en 2021 leur niveau le plus élevé et illustrant le grand mal-être de certains groupes de population, au plus fort de la pandémie.

 

L'étude révèle cependant une diminution significative du tabagisme au cours du dernier mois chez les jeunes adultes et de l'utilisation non médicale de médicaments opioïdes au cours de l'année. Ces deux substances ont ainsi connu une baisse constante d'utilisation au cours de la dernière décennie.

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