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COVID-19 : Compter les antigènes pour connaître sa sévérité

Actualité publiée il y a 3 mois 1 semaine 2 jours
Annals of Internal Medicine
La mesure des antigènes de SARS-CoV-2 dans le sang apparaît sa mesure dans le sang des patients hospitalisés avec COVID-19 apparaît prédictive de la sévérité de la maladie (Visuel NIAID)

Alors que la quantité d'antigènes de SARS-CoV-2 est la base de fonctionnement des tests antigéniques existants, qui vont rechercher dans le sang la présence de ces protéines produites par le virus pour détecter sa présence, sa mesure dans le sang des patients hospitalisés avec COVID-19 apparaît ici prédictive de la sévérité de la maladie. En d’autres termes, la mesure fine de ces marqueurs possibles pourrait permettre de prédire les futurs résultats des patients hospitalisés.

 

Les antigènes sont des particules (de type protéines ou polysaccharides) produites par le virus, ici SARS-CoV-2, qui, reconnues par des anticorps ou certaines cellules immunitaires de l’organisme, peuvent déclencher une réaction immunitaire. Ici, les scientifiques du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID/NIH) utilisent la micrographie électronique en transmission (MET, ou TEM pour Transmission Electron Microscopy) pour évaluer la quantité de particules de virus SARS-CoV-2 (en jaune sur visuel) dans des cellules épithéliales nasales infectées.

La quantité d'antigènes de SARS-CoV- dans le sang, directement associée à l'évolution de la maladie

L’essai ACTIV-3 : la quantité d'antigènes de SARS-CoV- mesurée dans 2.540 échantillons de sang prélevés sur des patients hospitalisés avec COVID-19, tous traités par l’antiviral remdesivir, s’avère ici associée à la progression de la maladie. Les chercheurs ont rapproché, pour chaque participant, ses ces niveaux d'antigènes sanguins, la durée d’hospitalisation et les symptômes pulmonaires au jour 5. Un modèle statistique a permis de déterminer si les niveaux d'antigènes plasmatiques étaient associés à la fonction pulmonaire des patients et s'ils pouvaient prédire comment les participants s'en tireraient au fil du temps. L’analyse révèle :

 

  • une forte corrélation entre des niveaux d'antigènes de SARS-CoV-2 plus élevés (≥ 1000 nanogrammes par litre) et une fonction pulmonaire plus dégradée au moment de l’inclusion ;
  • une forte corrélation entre des niveaux d'antigènes de SARS-CoV-2 plus élevés (≥ 1000 nanogrammes par litre) et une durée d’hospitalisation plus élevée ;
  • ces niveaux d'antigènes de SARS-CoV-2 plus élevés sont corrélés à certains facteurs de risque connus d'aggravation de la maladie, comme le fait d'être un homme ;
  • 3 facteurs semblent réduire le niveau d’antigènes de SARS-CoV-2 : la présence préexistante d'anticorps contre le SRAS-CoV-2, l'exposition au remdesivir avant l'inclusion et une durée d'hospitalisation plus longue avant l'inclusion également ;
  • une infection par la variante delta est associée à des niveaux d'antigènes plus élevés que l’infection par les les souches précédentes.

 

Ces niveaux plus élevés d'antigène viral dans le sang pourraient suggérer une réplication continue du virus et donc une maladie plus grave, expliquent les chercheurs qui concluent à un biomarqueur prometteur.

 

Une approche de médecine de précision pourrait être utile dans les futurs essais cliniques de thérapie antivirale : les niveaux d'antigène pourraient aider à déterminer les patients les plus susceptibles de bénéficier de thérapies antivirales.

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