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COVID-19 : Des effets sur le développement social du petit enfant ?

Actualité publiée il y a 3 mois 2 semaines 1 jour
Infancy
La présence des parents et des soignants a suffi à atténuer ces effets négatifs possibles de la pandémie COVID sur le développement social des nourrissons (Visuel Adobe Stock 375036866)

Les effets de la pandémie et des mesures de distanciation sociale (port du masque dans l’espace public, fermeture des écoles…) a longtemps constitué un sujet majeur de préoccupation pour les soignants, les éducateurs mais aussi les parents de jeunes enfants. Quelle pourrait être la réponse de nourrissons et de jeunes enfants à tous ces visages masqués ou encore à une réduction drastique de leurs premières interactions sociales ? Cette étude, menée par une équipe de psychologues et de pédiatres, publiée dans la revue Infancy, rassure en assurant que la présence des parents et des soignants a suffi à atténuer ces effets négatifs possibles de la pandémie COVID sur le développement social des nourrissons.

 

Perte de repères, isolement social et problèmes de santé mentale, la pandémie a eu un effet drastique sur notre société. Identifier cet effet sur les vies sociales des plus vulnérables, les plus âgés mais également les plus jeunes de notre société est essentiel pour pouvoir mieux gérer de prochaines pandémies. Si de nombreuses études ont décrit l’isolement et la détresse accrue des personnes âgées, l’équipe l'Université de Zurich (UZH) a regardé si les nourrissons nés pendant la pandémie présentent aujourd’hui un comportement social différent de celui de nourrissons nés bien avant la pandémie.

Perte de repères, isolement social et problèmes de santé mentale ?

L’étude est basée sur l’eye-tracking chez de jeunes enfants, le suivi du regard constituant une capacité fondamentale pour s'engager dans des interactions sociales, établir des relations et développer des compétences linguistiques, explique l’auteur principal, Stephanie Wermelinger, psychologue expert du développement des nourrissons et des enfants au Département de psychologie de l'UZH. L’auteur explique que si cette capacité est altérée, cela peut entraver la capacité d'une personne à interagir avec la société, comme c'est le cas pour les personnes autistes.

 

La recherche est menée auprès de 80 nourrissons âgés de 12 à 15 mois qui ont visionné différentes vidéos dans lesquelles une personne regardait l'un de 2 objets présentés à l’image. En suivant les mouvements oculaires des nourrissons, les chercheurs ont enregistré la fréquence et la rapidité avec lesquelles les nourrissons suivaient le regard de la personne et ont ensuite comparé leurs données avec les données de mouvements oculaires de 133 enfants testés avec la même technique, bien avant la pandémie.

Les parents et les soignants ont atténué les effets de la pandémie.

Ainsi,

  • aucune différence de comportement significative n’est relevée entre les enfants nés pendant et avant la pandémie ;
  • les enfants nés pendant la pandémie suivent le regard de la personne aussi souvent et rapidement que les enfants du groupe pré-pandémique ;

 

Ainsi, si les enfants confrontés durant la petite enfance à la pandémie et aux mesures de distanciation ont rencontré moins de personnes et ont interagi avec plus de personnes portant des masques, ils ne semblent pas s’être développés différemment des enfants n’ayant pas vécu la pandémie durant leur petite enfance.  Les chercheurs font l’hypothèse que les interactions sociales maintenues avec les parents et les soignants à la maison ont atténué toute influence possible de la pandémie COVID-19.

 

« Ces contacts pourraient donc être suffisants pour fournir aux nourrissons l'apport social dont ils ont besoin pour développer des compétences sociales et émotionnelles normales ».

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