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COVID-19 et GROSSESSE : Première suspicion de transmission verticale

Actualité publiée il y a 6 mois 1 semaine 17 heures
JAMA Pediatrics
Cette étude n’exclut pas un risque rare de transmission verticale, de la mère à l’enfant.

Alors que l’épidémie COVID-19 poursuit sa propagation rapide avec 550.000 cas confirmés dans 176 pays (au 27 mars 2020), le nombre de femmes enceintes et d'enfants atteints de COVID-19 est également en augmentation. Cependant, peu d’études encore ont fait le point sur les effets de l’infection et des traitements sur les mères et leurs enfants. Peu études également ont regardé le risque de transmission verticale de la mère à l’enfant, mais jusque-là ce risque était plutôt exclu. Cette étude de cohorte qui apporte des précisions sur 33 nouveau-nés de mères atteintes de COVID-19 suivies à l'hôpital pour enfants de Wuhan, dont 3 nouveau-nés avec COVID-19, n’exclut pas un risque rare de transmission verticale, de la mère à l’enfant.

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Les données concernant les caractéristiques démographiques, épidémiologiques et cliniques ont été obtenues à partir des dossiers médicaux. Les mères ont été diagnostiquées avec COVID-19 par test PCR à partir d'échantillons nasopharyngés et d'écouvillons anaux. Parmi les 33 nouveau-nés nés de ces mères avec COVID-19, 3 ont été confirmés avec COVID-19. Si seuls 3 nouveau-nés sont nés infectés, 4 des 33 nouveau-nés présentaient un symptôme d’essoufflement.

Parmi les 33 nouveau-nés nés de ces mères avec COVID-19, 3 ont été confirmés avec COVID-19

De bons résultats chez tous les nouveau-nés, infectés ou pas

 

Sur les 3 nouveau-nés infectés

Bébé « n°1 », des symptômes de léthargie et de fièvre, une pneumonie : la patiente 1 a accouché à 40 semaines de grossesse par césarienne en raison d'un liquide amniotique maculé de méconium et d'une pneumonie COVID-19 confirmée. Le deuxième jour de sa vie, le nourrisson souffrait de léthargie et de fièvre et a été transféré à l'unité de soins intensifs néonatals (USIN). Une image radiographique thoracique montrait une pneumonie, mais d'autres tests de laboratoire ont donné des résultats normaux. Les prélèvements nasopharyngés et anaux étaient positifs pour le SRAS-CoV-2 aux jours 2 et 4 de la vie et négatifs au jour 6.

 

Bébé « n°2 », des symptômes de léthargie, des vomissements, de la fièvre, une pneumonie : la patiente 2 a accouché à 40 semaines et 4 jours de grossesse par césarienne en raison d'une pneumonie COVID-19 confirmée. Le bébé présentait une léthargie, des vomissements et de la fièvre. L’examen physique était normal. Les tests de laboratoire ont montré une leucocytose, une lymphopénie et une fraction élevée de créatine kinase-MB (marqueur cardiaque). L’image radiographique thoracique montrait une pneumonie. Les prélèvements nasopharyngés et anaux étaient positifs pour le SRAS-CoV-2 aux jours 2 et 4 de la vie et négatifs au jour 6.

 

Bébé « n°3 », détresse fœtale, pneumonie, ventilation  : la patiente 3 a accouché prématurément à 31 semaines et 2 jours de grossesse par césarienne en raison d'une détresse fœtale et d'une pneumonie maternelle COVID-19 confirmée. Les scores Apgar du nourrisson étaient de 3, 4 et 5 à 1, 5 et 10 minutes après la naissance donc indicateurs d’une surveillance extrême : le nouveau-né souffrait de syndrome de détresse respiratoire néonatal et de pneumonie confirmée par radio thoracique. Le bébé avait récupéré au 14e jour de vie après ventilation non invasive, caféine et antibiotiques. Le bébé présentait également une septicémie traitée avec un traitement antibiotique. Les prélèvements nasopharyngés et anaux étaient positifs pour le SRAS-CoV-2 aux jours 2 et 4 de la vie et négatifs au jour 7.

 

Cette petite étude vient confirmer les résultats des études précédentes, avec des issues favorables pour tous les nourrissons. Le nouveau-né le plus sévèrement malade des 3 bébés nés avec le SARS-CoV-2 a présenté des symptômes de prématurité, d'asphyxie et de septicémie, tout autant que d'infection par le SRAS-CoV-2, écrivent les chercheurs. 

 

On retiendra qu’au contraire des précédentes études 3 des 33 nourrissons (soit 9%) ont présenté une infection à SARS-CoV-2 précoce. Alors que les médecins ont mis en œuvre des procédures de contrôle et de prévention strictes pendant l'accouchement, il est probable que les sources de SRAS-CoV-2 dans les voies respiratoires supérieures ou dans les anus des nouveau-nés étaient d'origine maternelle.

Ici, les chercheurs n’excluent pas la transmission verticale materno-fœtale.

 

Par conséquent, écrivent-ils, il est crucial de dépister les femmes enceintes et de mettre en œuvre des mesures strictes de contrôle des infections, la mise en quarantaine des mères infectées et une surveillance étroite des nouveau-nés à risque de COVID-19.