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COVID-19, MIS-C et maladie de Kawasaki : Même réponse immunitaire ?

Actualité publiée il y a 6 mois 2 semaines 4 jours
Nature Communications
COVID-19, MIS-C et maladie de Kawasaki induisent des réponses inflammatoires qui partagent des modèles moléculaires sous-jacents similaires (Visuel Adobe Stock 228812056)

COVID-19, MIS-C et maladie de Kawasaki induisent des réponses inflammatoires qui partagent des modèles moléculaires sous-jacents similaires, rapporte cette équipe de l’Université de Californie - San Diego : ces données, présentées dans la revue Nature Communications, vont contribuer à améliorer le diagnostic et le traitement de ces maladies et, notamment, de tester nouvelles cibles médicamenteuses pour le MIS-C.

 

L'émergence de COVID-19 a incité les médecins et les chercheurs à définir en urgence des traitements efficaces pour cette nouvelle maladie, mais rapidement de nouvelles complications sont apparues associées au SRAS-CoV-2 : un sous-ensemble d'enfants infectés par le virus a également ressenti des douleurs abdominales, des maux de tête, des éruptions cutanées et des vomissements. Ce nouveau groupe de symptômes défini comme « syndrome inflammatoire multisystémique chez l'enfant » ou MIS-C a nécessité une prise en charge en soins intensifs pour de très nombreux patients pédiatriques.

3 syndromes inflammatoires qui se comparent et s'opposent

Alors que le nombre de cas de MIS-C augmentait, les médecins ont commencé à noter des similitudes avec une maladie pré-pandémique, la maladie de Kawasaki. Le MIS-C et la maladie de Kawasaki partagent de nombreux symptômes, notamment la fièvre, des éruptions cutanées, des yeux injectés de sang, la maladie de Kawasaki ayant néanmoins des symptômes et complications plus spécifiques, dont des anévrismes des artères coronaires et la crise cardiaque. Contrairement au MIS-C, qui est associé au SARS-CoV-2, la maladie de Kawasaki peut être déclenchée par toute une variété de stimuli infectieux et environnementaux.

 

L'étude : les chercheurs californiens analysent ici des échantillons de sang et de tissus de patients atteints des différents syndromes et, à l'aide d'outils d'intelligence artificielle, comparent leurs modèles d'expression génique. Ces analyses révèlent que :

 

  • le MIS-C et la maladie de Kawasaki sont sur le même continuum de réponse immunitaire que le COVID-19, le MIS-C correspondant à une version plus sévère de la réponse que la maladie de Kawasaki ;
  • en dépit de ces similitudes sous-jacentes, plusieurs paramètres de laboratoire et cliniques diffèrent entre les 3 syndromes. Ce qui pourrait permettre de favoriser le diagnostic, la surveillance et le traitement de chacun d’entre eux, chez les patients pédiatriques ;
  • 166 gènes s’avèrent exprimés dans les différentes maladies respiratoires virales, dont le COVID-19, dont un sous-ensemble correspond également à la sévérité de la maladie ;
  • cette même « signature génétique » est retrouvée à la fois dans le MIS-C et la maladie de Kawasaki ; ce qui suggère que ces 2 conditions sont issues d'un mécanisme sous-jacent similaire, impliquant notamment la libération rapide de certaines cytokines (IL15/IL15RA) ;
  • 13 gènes jusque-là utilisés pour identifier la maladie de Kawasaki constituent une signature génétique partagée par le MIS-C.

 

Des différences subtiles sont relevées entre les 2 syndromes : les patients MIS-C présentent une numération plaquettaire et éosinophile inférieure, 2 caractéristiques facilement mesurables par tests sanguins de routine. Enfin, certaines cytokines sériques sont retrouvées à des niveaux plus élevés dans les échantillons MIS-C que dans les échantillons de patients atteints de la maladie de Kawasaki ;

 

Des pistes thérapeutiques : ces derniers résultats suggèrent l’efficacité de thérapeutiques ciblant certaines de ces cytokines, notamment le TNFα et l'IL1β, déjà approuvées par l’Agence américaine Food and Drug Administration (FDA) et en cours de tests, comme nouveaux traitements du MIS-C.

 

« Certains enfants sont génétiquement prédisposés à réagir plus intensément, entraînant une inflammation et des symptômes indésirables dans tout le corps », résume l'un des co-auteurs, le Dr Jane C. Burns, pédiatre au Rady Children's Hospital de San Diego et directeur du Kawasaki Disease Research Center de l'UC San Diego.

 

« Plus tôt nous pourrons identifier et comprendre l'état inflammatoire de l'enfant, mieux nous pourrons adapter notre protocole de soins ».

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