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COVID-19 : Report d’au moins 7 semaines des chirurgies chez les patients positifs

Actualité publiée il y a 1 année 4 mois 3 semaines
Anaesthesia
La chirurgie devrait être retardée d'au moins 7 semaines après un diagnostic de COVID-19 pour réduire le risque de mortalité (Visuel Adobe Stock 134568357)

Cette large étude collaborative menée dans 116 pays par un consortium international de chirurgiens membres l'Association of Anesthetists, précise que la chirurgie devrait être retardée d'au moins 7 semaines après un diagnostic de COVID-19 pour réduire le risque de mortalité. Cette très large étude; présentée dans la revue Anesthesia (un journal de l'Association of Anesthetists) révèle une mortalité accrue en cas d’intervention dans les 6 semaines qui suivent le diagnostic de COVID-19.

 

La collaboration multicentrique, nommée COVIDSurg Collaborative et dirigée à l’université de Birmingham a recueilli et analysé toute une série de données sur COVID-19 et sur les interventions chirurgicales de la période grâce à la mobilisation de plus de 15.000 chirurgiens. S’il était déjà connu qu’une infection récente par le SRAS-CoV-2 peut augmenter le risque de décès en cas de chirurgie et si les directives internationales recommandent de retarder la chirurgie pour les patients testés positifs au COVID-19, il n’existait pas de données précises sur la durée optimale du report.

La règle doit être personnalisée en fonction du patient et de l'urgence de l'intervention

L’analyse des données de 140.231 patients, pris en charge dans 1.674 hôpitaux de 116 pays pour subir une intervention chirurgicale durant le mois d’octobre 2020 visait donc principalement à estimer l‘incidence des décès postopératoire à 30 jours, notamment en cas d’antécédent de COVID. Les patients infectés par le SRAS-CoV-2 après la chirurgie ont été exclus de l'étude. Les chercheurs ont pris en compte les variables du patient, sa maladie et le type d’intervention. L’analyse montre que :

le délai entre le diagnostic du SRAS-CoV-2 et la chirurgie est de :

  • 0 à 2 semaines chez 0,8% des patients
  • 3 à 4 semaines chez 0,3% des patients,
  • 5 à 6 semaines chez 0,2% des patients,
  • 7 semaines ou plus chez 0,9% des patients,
  • 97,8% des patients n’ayant pas contracté d’infection par le SRAS-CoV-2.
  • Le taux de décès ajusté à 30 jours chez les patients non infectés est de 1,5% ;
  • ce taux est augmenté chez les patients ayant eu le COVID de
  • 4% lorsqu’opérés entre 0 à 2 semaines après le diagnostic de l’infection,
  • 4% pour 3 à 4 semaines après le diagnostic de l’infection,
  • 3,6% pour 5 à 6 semaines après le diagnostic de l’infection,
  • 1,5% (augmentation non significative) pour 7 à 8 semaines après le diagnostic de l’infection.
  • Ces résultats s’avèrent cohérents dans tous les groupes d'âge, quelles que soient la forme physique des patients, l'urgence (chirurgie élective vs en urgence) et la lourdeur de l’intervention.
  • Après un délai de 7 semaines ou plus, les patients présentant des symptômes persistants du COVID-19 (6,0%) présentent un risque de décès plus élevé que les patients dont les symptômes ont disparu (2,4%) ou que les patients asymptomatiques (1,3%).

 

Ainsi les patients opérés trop rapidement après le diagnostic de l'infection par le SRAS-CoV-2 encourent un risque très accru de décès postopératoire, tout comme les patients présentant des symptômes persistants au moment de la chirurgie.

Un report d'au moins 7 semaines après un résultat positif au test SARS-CoV-2,

ou jusqu'à disparition totale des symptômes s’impose.

 

Des décisions, soulignent les auteurs, qui doivent néanmoins être personnalisées afin de bien peser le rapport bénéfice-risque du report de la chirurgie.

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