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COVID et TABAGISME : Port du masque au travail et risque cardiovasculaire accru

Actualité publiée il y a 2 mois 2 semaines 1 jour
European Journal of Preventive Cardiology
Le port du masque amplifie les méfaits du tabagisme (Visuel Adobe Stock 374157258)

Le port du masque amplifie les méfaits du tabagisme, répond cette équipe de l'Université d'Athènes : chez les fumeurs qui doivent porter un masque chirurgical pendant leurs heures de travail, les niveaux de monoxyde de carbone expiré sont multipliés par 2 et l’altération de la fonction des vaisseaux sanguins est très acrue. La recherche publiée aujourd'hui dans l’European Journal of Preventive Cardiology conclut que fumer est devenu plus dangereux depuis la pandémie de COVID-19, et lorsque l’on doit porter un masque pendant une partie de la journée.

 

L’auteur principal de l'étude, le professeur Ignatios Ikonomidis rappelle les précédentes études ayant suggéré qu'une fonction vasculaire altérée est liée à un risque accru de décès de cause cardiaque. L'étude qui s'est concentrée sur les cigarettes traditionnelles et autres produits du tabac «chauffés » mais n'incluait pas les cigarettes électroniques, a précisément évalué les niveaux de monoxyde de carbone (CO) expiré par les fumeurs qui portaient un masque pendant leurs heures de travail et les ont comparés aux niveaux de CO expirés pendant leurs jours de congé sans masque. Puis l’équipe a regardé si ce changement d’expiration de CO s'accompagnait d'une altération de la fonction des vaisseaux sanguins.

Une raison supplémentaire pour arrêter de fumer.

L'étude a été menée auprès de 40 fumeurs de cigarettes, 40 utilisateurs d’autres produits du tabac et 40 témoins non-fumeurs. Les participants qui faisaient partie du personnel médical d'un hôpital étaient âgés en moyenne de 45 ans et étaient à 72 % étaient des femmes. Les personnes atteintes d'une maladie cardiovasculaire connue, d'hypertension, de diabète, de dyslipidémie, d'insuffisance rénale chronique ou de fibrillation auriculaire ont été exclues, ces affections pouvant affecter la fonction vasculaire. Les chercheurs ont mesuré le monoxyde de carbone expiré après une respiration profonde et des marqueurs de la fonction vasculaire (vitesse de l'onde de pouls, indice d'augmentation et pression artérielle systolique centrale). Les évaluations de base ont été effectuées tôt le matin après le sommeil sans masque afin d’obtenir ces valeurs après une longue période sans fumer. Les participants ont été répartis pour une 2è évaluation après un quart de travail de 8 heures avec un masque ou 8 heures sans masque. Une 3è évaluation a été réalisée après 8 heures sans masque ou 8 heures de travail avec un masque. L’analyse constate que :

 

  • chez les fumeurs de cigarettes le monoxyde de carbone expiré est passé de 8,00 parties par million (ppm) au départ à 12,15 ppm sans masque et à 17,45 ppm avec masque ;
  • chez les non-fumeurs, le CO expiré ne différait pas entre les périodes de référence, sans masque et avec masque.
  • chez les fumeurs de cigarettes, tous les marqueurs vasculaires sont plus élevés en période de port du masque (au cours donc des périodes travaillées).

 

Ainsi, fumer tout produit du tabac tout en portant un masque durant de longues périodes de travail,  altère davantage la fonction endothéliales, vs les périodes de vacances, sans port du masque.

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