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COVID LONG : Fatigue et maux de tête, les principaux symptômes persistants

Actualité publiée il y a 1 mois 3 semaines 2 jours
Brain, Behavior, & Immunity – Health
Fatigue et maux de tête sont identifiés comme les principaux symptômes persistants des mois après un COVID-19  (Visuel Adobe Stock 296940799)

Fatigue et maux de tête sont identifiés comme les principaux symptômes persistants des mois après un COVID-19 et bien que non spécifiques peuvent faire suspecter une forme longue de la maladie, conclut cette équipe du Medical College of Georgia at Augusta University. L’étude, publiée dans la revue Brain, Behavior, & Immunity – Health, appelle à mieux détecter et prendre en charge ces troubles neuropsychiatriques de long terme.

 

Les symptômes de fatigue et de maux de tête sont les symptômes les plus fréquemment signalés par les patients ayant développé un COVID-19, plus de 4 mois après l’infection et viennent généralement se combiner aux autres facteurs de COVID long, soit des douleurs musculaires, la toux, les changements d'odorat et de goût, la fièvre, les frissons et la congestion nasale. Ces symptômes neuropsychiatriques chroniques viennent confirmer une inflammation cérébrale possible suite à l’infection COVID-19. Ces données permettent de préciser le tableau clinique du COVID long  face à sa prévalence élevée.  

 

« Il y a beaucoup de symptômes du COVID long que nous ne savions pas traiter au début de la pandémie, et aujourd’hui il est clair que beaucoup plus de patients sont touchés par ces formes longues de la maladie », commente l’auteur principal, le Dr Elizabeth Rutkowski, neurologue à l’Augusta University.

"il y a de plus en plus de preuves que les troubles comme la perte de goût et d'odorat deviennent chroniques"

L'étude : il s’agit de l’analyse des données préliminaires, de la première évaluation clinique des 200 premiers patients inscrits à l'étude CONGA ou COVID-19 Neurological and Molecular Prospective Cohort Study in Georgia, des participants recrutés en moyenne environ 125 jours après avoir été testés positifs pour le COVID-19. L’objectif de l’étude, qui vise à recruter au total 500 participants, est justement d’évaluer la gravité et la durée des troubles neurologiques associés à la maladie. L’analyse de ces premières données révèle que :

 

  • 80 % des 200 premiers participants signalent des symptômes neurologiques avec :
  • de la fatigue, le symptôme le plus courant, signalé par 68,5 % d’entre eux,
  • des maux de tête : 66,5 % ;
  • des changements d'odorat : 54,5 % ;
  • des changements de goût : 54 % ;

Cependant, si la majorité des participants signalent des changements de goût et d'odorat, les tests objectifs ne correspondent pas toujours à ce que les participants décrivent. Par ailleurs, un pourcentage plus élevé de participants n’ayant pas signalé ces changements, présentent néanmoins une altération de ces fonctions sensorielles évaluées par des mesures objectives ;

 

  • une déficience cognitive légère : 47 % ;
  • une fluidité verbale altérée : 33 % ;
  • une mémoire de travail altérée : 32 % ;
  • une confusion : 21 % ;
  • une anxiété : 18 %.
  • Par ailleurs, également 21 % des participants présentent une hypertension artérielle, la condition médicale préexistante qui se révèle donc la plus courante signalée par les participants souffrant d’un COVID long.
  • Aucun participant n'a signalé avoir eu un accident vasculaire cérébral, une faiblesse musculaire, et les problèmes de coordination motrice sont parmi les symptômes les plus rarement signalés.
  • 21 % présentent les critères de la dépression, du diabète, de l'obésité et de l'apnée du sommeil : ce sont donc, après l’HTA, des conditions préexistantes fréquemment rapportées ;

 

Mieux comprendre le symptôme de fatigue extrême : ces données correspondent globalement et précisent les conclusions de précédentes recherches. L'un des objectifs de l’étude CONGA reste de mieux comprendre les raisons pour lesquelles la fatigue semble être un facteur si important chez les patients ayant eu un COVID-19 : les auteurs suggèrent que les niveaux d'inflammation, la réponse naturelle du corps à une infection, restent élevés chez ces patients. Par exemple, des échantillons de sang prélevés lors de la première évaluation et lors du suivi révèlent certains marqueurs inflammatoires à la hausse chez certains participants. Ainsi, si les anticorps contre le virus peuvent disparaître, l’inflammation persistante contribue à certains des symptômes comme la fatigue, un symptôme typique de maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, caractérisée également par des niveaux élevés d'inflammation.

 

« Il y a probablement aussi un certain degré de fatigue neurologique parce que les patients éprouvent aussi un brouillard cérébral. Certaines études ont même montré un rétrécissement du volume cérébral à la suite d'une forme même légère à modérée. Ainsi, si les symptômes neuropsychiatriques ont été plus largement documentés dans la phase aiguë de l'infection, il existe un besoin de mieux les caractériser au fil du temps ».

 

Au fil du temps en effet, il y a de plus en plus de preuves que les troubles comme la perte de goût et d'odorat deviennent chroniques, ainsi que le brouillard cérébral, la fatigue extrême, la dépression, l'anxiété et l'insomnie, écrivent les chercheurs.