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COVID long : Sur l’omniprésence de la fatigue chronique

Actualité publiée il y a 3 mois 3 semaines 5 jours
JAMA Network
Une estimation réactualisée de la prévalence des grands symptômes de la fatigue chronique 3 mois ou plus après l’infection COVID (Visuel Adobe Stock 490666017)

Cette étude de modélisation nourrie des données de 1,2 million de participants de 22 pays, ayant développé une infection symptomatique par le SRAS-CoV-2 en 2020 et 2021 et ayant survécu à la phase aiguë, estime pour la première fois, à grande échelle, la prévalence de grands groupes de symptômes, dont la fatigue chronique, 3 mois ou plus après l’infection. Ces données, publiées dans le Jama Network, réaffirment la fréquence de séquelles durables de la maladie COVID, à l’échelle individuelle comme en Santé publique.

 

La question posée est précisément celle de la proportion de personnes, qui, ayant développé une infection symptomatique par le SRAS-CoV-2 en 2020 et 2021, ont souffert ensuite à long terme de ces groupes de symptômes, dont la fatigue exrrême, communs au COVID longs. Le modèle estime que 6,2 % des personnes infectées ont connu, à 3 mois, au moins l'un de ces 3 familles de symptômes caractéristiques du COVID-19 soit  :

  • fatigue persistante avec douleurs corporelles ou sautes d'humeur ;
  • fatigue et troubles cognitifs ;
  • fatigue et problèmes respiratoires persistants.

Le risque de développer ces symptômes, s’avère plus élevé chez les femmes, notamment chez celles hospitalisées, a fortiori en service de soins intensifs.

 

L’étude : il s’agit d’une méta-analyse de pas moins de 54 études et de 2 bases de données de dossiers médicaux portant au total sur les données d’1,2 million de participants :

 

  • 6,2 % des participants ont présenté au moins 1 des 3 groupes de symptômes longs de COVID en 2020 et 2021 ;
  • dont 3,2 % une atigue persistante avec des douleurs corporelles ou des sautes d'humeur,
  • 3,7 % une fatigue, un essoufflement et des problèmes respiratoires persistants,
  • 2,2 % une fatigue et des troubles cognitifs ;
  • ces symptômes étaient plus prévalents chez les femmes âgées de plus de 20 ans, 3 mois après une infection symptomatique par le SRAS-CoV-2 que chez les hommes de la même classe d’âge ;
  • il a été estimé que les personnes des deux sexes de moins de 20 ans étaient affectées par ces symptômes dans 2,8 % des infections symptomatiques par le SRAS-CoV-2 ;
  • la durée moyenne de ces symptômes caractéristiques d’un COVID long

est estimée à 9 mois chez les personnes hospitalisées,

  • à 4 mois chez les personnes non hospitalisées ;
  • parmi les personnes présentant des symptômes de COVID long 3 mois après une infection symptomatique, 15,1 % souffraient toujours de ces symptômes à 12 mois.

 

Ces données réactualisées confirment la présence de la fatigue de manière quasi-systématique parmi ces « clusters » et la prévalence élevée des COVID longs.