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CRISE CARDIAQUE : Détecter le risque par test oculaire de routine

Actualité publiée il y a 1 année 11 mois 1 jour
European Society of Human Genetics
La découverte de ce nouveau mode de détection non invasif pourrait conduire à un processus de dépistage simple où le risque d'infarctus du myocarde pourrait être évalué à l’aide d’un simple test oculaire de routine (Visuel Fotolia)

Un nouveau type d’examen de la rétine pourrait permettre de prédire une crise cardiaque, conclut cette équipe de l’Université d'Édimbourg, qui présente ses conclusions à la Conférence 2022 de la Société Européenne de Génétique Humaine. Une combinaison d'informations sur le schéma des vaisseaux sanguins dans la rétine, associée à des données génétiques, peut en effet permettre de détecter avec précision le risque de maladie coronarienne et le pronostic de futur infarctus du myocarde.

 

La découverte de ce nouveau mode de détection non invasif pourrait conduire à un processus de dépistage simple permettant d'estimer le risque d'infarctus du myocarde à l’aide d’un simple test de routine. « Nous savions déjà que les changements de vascularisation de la rétine peuvent apporter des données clés de santé. Maintenant que l'imagerie rétinienne est une technique plus largement disponible, et bien sûr non invasive, elle peut être utilisée plus largement pour évaluer le risque cardiovasculaire.

Un simple examen de la rétine pourrait permettre d'identifier les personnes à risque

L’étude : les chercheurs écossais ont d’abord étudié les schémas de ramification du système vasculaire rétinien et pris notamment en compte une donnée appelée dimension fractale (Df) à partir des informations disponibles de la base UK Biobank qui comprend des données démographiques, épidémiologiques, cliniques, d'imagerie et de génotypage de plus de 500.000 participants du Royaume-Uni. L’équipe constate alors que :

 

  • une Df inférieure et des schémas de ramification simplifiés des vaisseaux sont prédictifs du risque d’infarctus du myocarde.

 

Les chercheurs ont ensuite développé un modèle capable de prédire la prédiction du risque d'infarctus à partir des données des participants à la UK Biobank qui avaient subi un infarctus, après la collecte de leurs images rétiniennes. Ce modèle comprenait la donnée Df ainsi que des facteurs cliniques traditionnels, tels que l'âge, le sexe, la pression artérielle systolique, l'indice de masse corporelle et le statut tabagique. Cette étude permet ainsi d’aboutir à :

 

  • un modèle ou algorithme capable de mieux classer les participants présentant un risque d’infarctus faible ou au contraire élevé, par rapport aux modèles établis qui n'incluent que des données sanitaires et démographiques ;
  • le modèle est encore plus performant lorsque combiné à un score lié à la propension génétique à l’infarctus.

 

« Nous nous sommes demandé si l'association Df-infarctus du myocarde était influencée par la biologie, nous avons donc examiné la génétique et identifié 9 régions génétiques à l'origine des schémas de ramification vasculaire rétinienne. 4 de ces régions sont déjà connues pour être impliquées dans la génétique des maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, ces régions génétiques sont impliquées dans des processus liés à la gravité et à la récupération de l’infarctus », précise l’auteur principal, le Dr Villaplana-Velasco, chercheur à l’Université d'Édimbourg.

 

De larges implications : en effet, ces résultats peuvent également être utiles pour identifier la propension à d'autres maladies. Les variations du schéma vasculaire rétinien reflètent également le développement d'autres maladies oculaires et systémiques, telles que la rétinopathie diabétique et les accidents vasculaires cérébraux. Les chercheurs pensent qu'il est possible que chaque condition ait un profil de variation rétinienne unique. «Nous aimerions approfondir cette question et entreprendre une analyse spécifique au sexe. Nous savons que les femmes présentant un risque élevé d'infarctus ou de coronaropathie ont tendance à présenter des déviations vasculaires rétiniennes prononcées par rapport à la population masculine ».

 

Plus simplement, à l'avenir, un simple examen de la rétine pourrait fournir suffisamment d'informations pour identifier les personnes à risque. L'âge moyen de survenue de l’infarctus est de 60 ans et les chercheurs révèlent ici que leur modèle atteint sa meilleure performance prédictive plus de 5 ans avant l'événement…

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