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DAI : Traiter l’incontinence mais la dermatite aussi

Actualité publiée il y a 2 années 2 mois 3 semaines
Journal of Wound, Ostomy and Continence Nursing (JWOCN)
Ces deux affections, incontinence et DAI, non seulement mettent à mal l’intégrité de la personne mais peuvent avoir de sévères implications sur ses résultats de santé (Adobe Stock 124766220) .

L'incontinence et la dermatite associée à l'incontinence (DAI) constituent un lourd fardeau sanitaire qui, en dépit de prévalences croissantes et de coûts de soins élevés, sans compter la réduction considérable de qualité de vie pour les patients, font l’objet d'encore peu de recherches. Cette analyse publiée dans le Journal of Wound, Ostomy, and Continence Nursing (JWOCN), le journal officiel de la Wound, Ostomy, and Continence Nurses Society™ , nous propose un bilan de ces deux affections, qui non seulement mettent à mal l’intégrité du patient mais peuvent avoir de sévères implications sur ses autres résultats de santé.

 

Ainsi, les patients incontinents en particulier ceux qui ont développé une DAI :  

  • ont, en cas d’hospitalisation, des séjours hospitaliers plus longs,
  • des taux de réadmission plus élevés,
  • des taux plus élevés de lésions de pression de type escarre,
  • et le coût total des soins qui leur sont apportés globalement, plus élevé que ceux apportés aux patients exempts d’incontinence.

L’incontinence n’est pas un problème d'hygiène mais une comorbidité grave

Des données précieuses, rares sur l’incontinence : l’analyse des données de la Premier Healthcare Database soit de 15,79 millions de patients adultes admis dans 937 hôpitaux entre janvier 2016 et décembre 2019, révèle :

 

  • une prévalence de l’incontinence de 1,5% ;
  • une prévalence de la DAI de 0,7% chez les patients incontinents, caractérisée ici par l'utilisation de produits dermatologiques indiqués dans le traitement de la DAI ;
  • ces deux taux de prévalence sont analysés comme très sous-estimés par les auteurs, qui invoquent un dépistage insuffisant et l'absence d'un code précis dans la nomenclature ICD (International Classification of Disease) pour la DAI ;
  • la durée moyenne de séjour des patients incontinents s’élève en moyenne à 6,4 jours vs 4,4 pour les patients continents ;
  • le taux de réadmission à 30 jours s’élève à 12,8 % pour les patients incontinents vs 8,8 % pour les patients continents ;
  • les patients incontinents sont 4,7 fois plus susceptibles de présenter une escarre sacrée à l'admission, 5,1 fois plus susceptibles d’en développer une lors de leur hospitalisation ;
  • 5,8 % plus susceptibles de voir une augmentation de la sévérité de cette plaie de pression au cours de leur séjour.

 

L'étude est la première à évaluer les effets économiques de l'incontinence et de la DAI : ainsi, les dépenses de soins durant l’hospitalisation sont estimées en moyenne à 15.000 € pour un patient incontinent vs 12.000 € pour un patient continent, apparié pour l’âge.

 

La sous-déclaration très probable des 2 conditions minimise aussi l'impact négatif de l'incontinence et la DAI sur les résultats de santé des patients ainsi que les coûts financiers pour le système de santé.

 

Sensibiliser et traiter : le Dr Mikel Gray de l'Université de Virginie Charlottesville a souhaité ainsi sensibiliser aux complications parfois sévères de l’'incontinence urinaire et fécale, fréquente chez les patients hospitalisés. Traditionnellement considérée comme une conséquence inévitable d'une maladie aiguë et d'une hospitalisation, son analyse démontre que l'incontinence est non seulement fortement liée à la fragilité, à un risque accru de chutes et aux infections des voies urinaires mais entraîne aussi

des effets presque immédiats, dont la DAI et l’escarre.

 

L’objectif de l’étude est donc bien de sensibiliser les cliniciens et les décideurs et de les inciter à considérer l'incontinence et la DAI comme des affections graves qui « nécessitent des pratiques cohérentes d'évaluation, de prévention, de traitement et de gestion, dont une documentation en bonne et due forme dans les dossiers médicaux des patients ».

 

N.B. L’étude a été soutenue par le Laboratoire Hillrom

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