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DÉCLIN COGNITIF : Une épidémie qui s’accélère chez les plus âgés ?

Actualité publiée il y a 2 années 2 mois 4 semaines
Clinical Epidemiology
Les cas référencés de déclin cognitif chez les personnes âgées ont plus que doublé en 10 ans (Visuel Adobe Stock 417136577)

Est-ce une « épidémie » qui s’accélère ou le résultat d’une meilleure communication avec le médecin généraliste ? Mais les cas référencés de déclin cognitif chez les personnes âgées ont plus que doublé en 10 ans, relève cette équipe d’épidémiologistes de l’University College London, dans la revue Clinical Epidemiology, avec cette large étude menée sur les données de plus d’1 million de personnes âgées sur 10 ans.

 

Les chercheurs britanniques analysent ici l’évolution du nombre de personnes âgées signalant à leur médecin de premières inquiétudes concernant une perte de mémoire et le nombre de diagnostics de déclin cognitif. L’analyse estime également le risque de démence qui suit l'expression par le patient de telles inquiétudes ou le diagnostic par le médecin de troubles cognitifs.

 

L’analyse des données de plus de 1,3 million d'adultes âgés de 65 à 99 ans, recueillies entre 2009 et 2018 révèle que 55.941 adultes se sont ainsi plaints auprès de leur médecin généraliste de problèmes de mémoire et que 14 869 patients ont reçu un diagnostic plus formel de déclin cognitif -consigné dans leur dossier médical. Précisément  :

 

  • pour 1.000 participants suivis durant 1 an en 2009, 1 nouveau cas de déclin cognitif est enregistré ;
  • pour 1.000 participants suivis durant 1 an en 2018, 3 nouveaux cas de déclin cognitif sont enregistrés ;
  • si les taux de troubles de la mémoire déclarés aux médecins sont restés stables, l'incidence du diagnostic du déclin cognitif qui en termes de sévérité est « un stade au-dessus » des problèmes de mémoire, a plus que doublé entre 2009 et 2018 ;
  • les diagnostics de déclin cognitif ont fortement augmenté chez les patients âgés de plus de 80 ans, chez les femmes et au sein des communautés plus défavorisées ;
  • chez ces mêmes patients, des plaintes de troubles de la mémoire sont fortement susceptibles d’évoluer vers un diagnostic de démence ;
  • en moyenne, l’analyse estime que dans les 3 ans suivant la consignation d’un problème de mémoire par le médecin dans le dossier du patient, 46% des patients développent une démence;
  • chez les patients diagnostiqués avec troubles cognitifs, l'incidence de la démence à 1 an atteint 52 %.

 

L'auteur principal, Brendan Hallam, chercheur à l’UCL Epidemiology & Health Care conclut à une augmentation de l’incidence et de la prévalence du déclin cognitif parmi la génération des plus âgés, avec un risque d’évolution vers une prévalence plus élevée aussi des diagnostics de démence. Cette hausse de prévalence des troubles cognitifs qui résulte au moins en partie des campagnes d’information incitant les plus âgés à consulter et à demander de l'aide plus tôt à leur médecin en cas de perte de mémoire. Cependant, le taux de « transformation » de simples plaintes en diagnostic de démence est fortement préoccupant.

 

« Les problèmes de mémoire et le déclin cognitif ne sont pas seulement des symptômes mais aussi des facteurs prédictifs

d’un risque élevé de développer une démence.

Il est donc important que les médecins généralistes identifient dès que possible ces signes cliniques afin de pouvoir orienter leurs patients vers des thérapies cognitives, le plus rapidement possible ».


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