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DÉPENDANCE TABAGIQUE: Vers une vaccination anti-nicotine?

Actualité publiée il y a 3 années 7 mois 6 jours
Journal of Medicinal Chemistry

Le principe de ce vaccin contre la nicotine ? Augmenter le nombre d'anticorps qui peuvent se lier aux molécules de nicotine. Cette nouvelle approche de scientifiques californiens, du Scripps Institut, cible non pas les récepteurs nicotiniques du cerveau mais directement la nicotine. Ce candidat vaccin, présenté dans le Journal of Medicinal Chemistry, qui fait sa première preuve de concept, sur la souris, pourrait couper cette envie irrésistible de l’allumer chez les 30% de fumeurs qui souhaitent arrêter.

Il existe, au-delà des substituts nicotiniques, des médicaments qui ciblent les récepteurs nicotiniques de l'acétylcholine, mais ils ne sont pas sans risque d'effets secondaires désagréables tels que les hallucinations, la dépression et les troubles de l'humeur. Cependant, au bout du compte, seuls 5% des fumeurs parviendront à s'arrêter et nombreuses seront les rechutes. Ainsi, 80% des fumeurs actuels ont déjà fait des tentatives d'arrêt du tabac. Les chercheurs ont donc pris en compte ce risque substantiel et spécifique de récidive dans leur nouvelle approche.


Car la stratégie est ici différente, il s'agit de cibler directement les molécules de nicotine en incitant le système immunitaire à produire des niveaux élevés d'anticorps anti-nicotine. De précédentes études (2) s'y sont essayées et, si elles n'ont pas abouti à réduire les niveaux de nicotine, du moins que chez un nombre restreint de participants, elles ont bien suggéré une association, chez des sujets fumeurs, entre ces niveaux d'anticorps et leur durée d'abstinence. Le défi majeur est de pouvoir obtenir une concentration d'anticorps suffisamment élevée pour réduire la diffusion de la nicotine au cerveau. Le nouveau vaccin, amélioré grâce à des protéines vecteurs d'adjuvant, testé chez la souris, permet de retarder les effets de la nicotine dans les 10 premières minutes qui suivent l'injection et de réduire, à plus long terme, la concentration de nicotine dans le cerveau.

Ø Les chercheurs constatent que l'injection induit bien une réponse d'anticorps spécifiques anti-nicotine significativement plus élevée que lors des précédentes tentatives.

Bref, il reste à affiner la formule avant de prochains essais cliniques. Mais avec espoir, car rappelons que ces équipe du Scripps sont expertes en la matière, puisqu'elles travaillent également au développement de vaccins anti-héroïne, anti-méthamphétamine, et anti-cocaïne.

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