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DÉPRESSION : 1 dose d'hallucinogène pour des années d'effet antidépresseur ?

Actualité publiée il y a 6 mois 1 semaine 2 jours
Journal of Psychopharmacology
De nombreuses études ont déjà documenté la capacité de cette substance hallucinogène, présente dans « les champignons magiques » pour réduire les symptômes anxieux et dépressifs

De nombreuses études ont déjà documenté la capacité de cette substance hallucinogène, présente dans « les champignons magiques » pour réduire les symptômes anxieux et dépressifs. Ces chercheurs du NYU Langone Medical Center (New York), déjà à l’origine d’une étude historique (2016) sur le sujet, montrent aujourd’hui, toujours dans le Journal of Psychopharmacology qu'un traitement à dose unique de psilocybine, combinée à une psychothérapie, apporte des améliorations significatives chez les patients cancéreux. Les effets anxiolytiques et antidépresseurs de cette dose unique perdurent ainsi pendant près de 5 ans.

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Dans l'étude originale, la psilocybine entraînait des améliorations immédiates, significatives et durables de l'anxiété et de la dépression, une réduction de la détresse émotionnelle associée au cancer, une amélioration du bien-être spirituel et une amélioration de la qualité de vie. Lors de l'évaluation finale à la fin du suivi de 6,5 mois, la psilocybine restait associée à des effets anxiolytiques et antidépresseurs durables. Environ 60 à 80% des participants avaient continué à signaler une réduction de leurs symptômes et une amélioration de leur qualité de vie.

Les effets positifs d’une dose unique perdurent 5 ans plus tard

La nouvelle étude confirme ces résultats mais à très long terme soit au boit de suivis de 3 à 4,5 ans après l'administration de psilocybine à dose unique. L’analyse des données de suivi fait état de réductions soutenues de l'anxiété, de la dépression, du désespoir, de la baisse de moral et de la peur de la mort :

  • 60% à 80% des participants bénéficient toujours d’effets anxiolytiques et antidépresseurs de la psilocybine à 4,5 ans ;
  • 71 à 100% des participants attribuent des changements de vie positifs à l'expérience de la thérapie comportant la psilocybine et considèrent la thérapie comme l’une des expériences les plus remarquables et spirituelles de leur vie.

 

 

Un changement de paradigme pour les soins palliatifs : « Ces résultats suggèrent fortement que la thérapie à base de psilocybine est un moyen prometteur d'améliorer le bien-être émotionnel, psychologique et spirituel des patients atteints d'un cancer pouvant être mortel », explique l’auteur principal, le Dr Stephen Ross, professeur de psychiatrie au Département de psychiatrie de NYU Langone Health. « Cette approche a le potentiel de produire un changement de paradigme dans les soins psychologiques et existentiels des patients atteints de cancer, en particulier ceux atteints d'une maladie en phase terminale ».

 

Une réponse à un besoin considérable : il existe en effet un immense besoin non satisfait de meilleure prise en charge de l'anxiété et de la dépression liées au cancer, commentent les chercheurs : près de 40% de la population mondiale recevront un diagnostic de cancer au cours de leur vie, un tiers de ces personnes développeront de l'anxiété, de la dépression et d'autres formes de détresse. Des conditions, ajoutent ces experts, qui sont associées à une mauvaise qualité de vie, à une augmentation des taux de suicide et à une baisse du taux de survie. Or, les traitements pharmacologiques conventionnels comme les antidépresseurs ne fonctionnent que pour moins de la moitié des patients cancéreux. Enfin, ces médicaments n'ont aucun effet sur la détresse existentielle.

 

La psilocybine démultiplie l'efficacité de la psychothérapie et finalement contribue à soulager durablement ces symptômes. Si les mécanismes qui sous-tendent ces bénéfices restent mal compris, les experts suggèrent que l’hallucinogène rend le cerveau plus réceptif à de nouveaux schémas de pensée. De plus, de précédentes recherches ont montré que la substance cible un réseau spécifique du cerveau, le réseau du mode par défaut, qui s'active lorsque nous nous engageons dans l'autoréflexion et l'errance mentale. Chez les patients souffrant d'anxiété et de dépression, ce réseau devient hyperactif et est associé à la rumination, à l'inquiétude et à la pensée rigide. La psilocybine semble modifier de façon drastique l'activité dans ce réseau et apporter une perspective plus large de la vie.

 

L’équipe poursuit ces recherches et prévoit de l’élargir avec des essais plus importants sur des patients de divers groupes socio-économiques et ethniques souffrant de détresse psychiatrique avancée liée au cancer. « Nous pensons possible de transformer profondément les soins psycho-oncologiques des patients atteints de cancer et les soins palliatifs et pouvoir ainsi apporter un bien-être émotionnel et spirituel amélioré ».

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