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DÉPRESSION : Le spray d'ESKÉTAMINE confirme ses promesses

Actualité publiée il y a 4 mois 3 jours 10 heures
NEJM
L'eskétamine est confirmée comme une option efficace pour les patients souffrant de dépression résistante au traitement (Visuel Fotolia 125686730)

L’eskétamine est à nouveau confirmée avec cette étude du Champalimaud Centre for the Unknown (Lisbonne), publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM), comme une alternative efficace pour les patients souffrant de dépression résistante au traitement. Sous forme de spray nasal, l'eskétamine a déjà montré une efficacité supérieure vs placebo dans plusieurs essais cliniques dans cette indication et a également obtenu les approbations de l’Agence américaine Food and Drug Administration (FDA) mais reste un traitement non pris en charge par les caisses d’assurance maladie et les complémentaires santé.

 

La dépression résistante au traitement est une forme particulièrement sévère de trouble dépressif majeur. L’auteur principal, le Dr Albino Oliveira-Maia, responsable de l’unité de neuropsychiatrie de la Fondation Champalimaud rappelle que la condition « est définie comme la persistance de symptômes dépressifs en dépit d’un traitement adéquat avec au moins 2 médicaments antidépresseurs différents ». Malgré des tentatives thérapeutiques répétées, les symptômes dépressifs de ces patients persistent. Une étude du National Institute of Mental Health (NIMH) a révélé que si un tiers des patients souffrant de dépression obtiennent une rémission avec leur traitement initial, les essais ultérieurs apportent des taux de rémission décroissants, avec seulement 10 à 15 % des patients l’atteignant au terme de leur 3è essai de traitement. Il existe donc un grand besoin de stratégies plus efficaces.

Eskétamine vs Quétiapine

L'étude a comparé l'eskétamine en spray nasal vs la quétiapine XR orale, un antipsychotique atypique initialement autorisé pour des affections telles que la schizophrénie, mais de plus en plus utilisé, avec l'approbation réglementaire, comme traitement d'appoint des épisodes de dépression résistante. La quétiapine est ainsi actuellement l'un des rares médicaments alternatifs approuvés comme traitement d'appoint pour les patients présentant un épisode dépressif majeur et/ou une réponse insuffisante au traitement antidépresseur en cours.

 

Afin de reproduire les conditions du monde réel, l’étude était ouverte, les professionnels de santé et les patients étant donc au courant des médicaments utilisés. Les évaluations d’efficacité ont été réalisées sur place en aveugle par des chercheurs indépendants, un groupe étant traité par quétiapine XR, l’autre par eskétamine NS sous surveillance hospitalière. 800 patients ont été suivis dont plus de 600 répondaient aux critères stricts de la dépression résistante. Parallèlement, les 2 groupes ont poursuivi leur traitement antidépresseur le plus récent avec un antidépresseur conventionnel, soit un inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS, par exemple la fluoxétine), soit un inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN, par exemple la venlafaxine). L'étude a duré 32 semaines, ce qui a permis d’évaluer les résultats du traitement à court et à long terme. L’essai révèle que :

 

  • à 8 semaines, les 2 groupes ont dépassé le taux de rémission de 10 à 15 % observé dans l'étude précédente du NIMH ;
  • 27,1 % des patients sous eskétamine NS ont obtenu une rémission vs 17,6 % sous quétiapine XR ;
  • la proportion de patients ayant obtenu une rémission à 8 semaines et l'ayant maintenue sans rechute jusqu'à la semaine 32 s’élève à 21,7 % pour le groupe eskétamine NS et à 14,1 % pour le groupe quétiapine XR ;
  • les taux de rémission marquent une franche hausse après la période initiale de 8 semaines : ainsi, à 32 semaines,

environ la moitié des patients sous traitement par eskétamine ont atteint la rémission.

  • En revanche, ce n’est le cas que de seulement un tiers des participants sous quétiapine XR.

 

La sécurité du traitement par spray nasal d’eskétamine est également confirmée. Les 2 options de traitement enregistrent des taux très faibles d’événements indésirables graves. En revanche, les participants du groupe eskétamine NS connaissent plus fréquemment des effets secondaires moins graves. Les auteurs expliquent cette incidence plus élevée par les propriétés dissociatives de l'eskétamine. Mais, en dépit de ces effets indésirables légers, le taux d’abandon reste plus faible dans le bras eskétamine.  

 

Ces résultats confirment l’eskétamine comme une option prometteuse pour les patients aux prises avec une dépression résistante au traitement. Cependant, soulignent les chercheurs, les bénéfices de l’eskétamine par spray nasal sont subordonnés à un accès élargi au médicament.

 

Un plaidoyer basé sur la preuve reste nécessaire pour garantir l’accès aux patients à ce traitement.

Cette étude a été soutenue par Janssen, fabricant du spray

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