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DEUIL et arythmie cardiaque: Le chagrin peut faire flancher le cœur

Actualité publiée il y a 3 années 4 mois 2 semaines
Open Heart

L’expression populaire le dit bien, « Mourir de chagrin ». Les problèmes cardiaques liés au deuil, un stress soudain et considérable, sont bien réels, révèle cette étude de l'Université d'Aarhus au Danemark. Les conclusions, présentées dans la revue Open Heart montrent que les personnes qui perdent un partenaire ont bien un risque accru de développer une arythmie cardiaque, jusqu'à un an après ce décès et particulièrement si le décès est inattendu.

L'étude a spécifiquement porté sur type de maladie cardiaque, la fibrillation auriculaire ou arythmie cardiaque, caractérisée donc par une fréquence cardiaque irrégulière et souvent anormalement rapide. Les personnes atteintes de fibrillation auriculaire ont un risque accru d'accident vasculaire cérébral et, moins fréquemment, d'insuffisance cardiaque.


L'étude a inclus 88.612 participants souffrant de fibrillation auriculaire, dont près de 19,7% avaient vécu le deuil du partenaire vs 886.120 témoins exempts de fibrillation auriculaire, dont 19,07% avaient également perdu un partenaire. Les chercheurs ont pris en compte les facteurs de confusion possibles, dont l'âge, le sexe, le niveau d'éducation, les antécédents de maladie cardiovasculaire, de diabète, ou la prise de médicaments cardiovasculaires et effectué des analyses supplémentaires pour vérifier l'influence de ces facteurs de confusion possibles. Les chercheurs ont non seulement calculé le risque de fibrillation auriculaire deuil vs non-deuil, et en fonction du temps écoulé depuis le deuil mais également vérifié si les décès inattendus étaient plus susceptibles d'augmenter le risque de fibrillation auriculaire. L'analyse révèle que les personnes qui vivent le décès d'un partenaire présentent,

· un risque accru de 90% de fibrillation auriculaire dans la semaine qui suit le décès,

· un risque accru de 41% dans le mois qui suit ce décès,

· ce risque diminue ensuite progressivement pour rejoindre le risque moyen, un an après le décès.

Le deuil d'un partenaire est un événement de la vie sévèrement stressant de nature à accroître de manière considérable le risque de fibrillation auriculaire, et cela durant toute l'année qui suit le décès. Ce risque s'avère particulièrement élevé lorsque le partenaire décédé était jeune et en bonne santé. Les auteurs suggèrent que le stress aigu peut influencer directement la fréquence cardiaque via le système nerveux sympathique, et promouvoir la libération de cytokines inflammatoires. Ensuite, d'autres facteurs associés au deuil comme la consommation d'alcool, l'insomnie, une mauvaise alimentation ou encore l'arrêt de l'activité physique peuvent également accroître ce risque.

Il est donc rappelé que des symptômes de fibrillation auriculaire, comme un rythme cardiaque très rapide ou irrégulier, doivent motiver la consultation immédiate du médecin. En particulier après un événement très stressant.

N.B. L'étude a été financée par la Fondation Lundbeck, un laboratoire pharmaceutique qui fabrique les médicaments cardiovasculaires.

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