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DIABÈTE, OBÉSITÉ : Traiter les cicatrices silencieuses de la fibrose hépatique

Actualité publiée il y a 7 mois 1 jour 4 heures
NEJM
La fibrose hépatique est un puissant prédicteur de mortalité à long terme chez les patients atteints de stéatose hépatique non alcoolique. (Visuel Adobe Stock 197669254)

La fibrose hépatique est un puissant prédicteur de mortalité à long terme chez les patients atteints de stéatose hépatique non alcoolique. « De nombreux patients présentant ces cicatrices hépatiques avancées, causées par l'obésité, le diabète et leurs comorbidités meurent de cette maladie du foie », alertent ces chercheurs de la Virginia Commonwealth University (VCU), qui révèlent le véritable fardeau de cette épidémie cachée qui progresse mécaniquement avec la prévalence de l’obésité. L’étude, publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM), précise la feuille de route pour le développement de futurs traitements de la stéatose hépatique non alcoolique, condition pour laquelle il n'existe aujourd’hui aucun traitement approuvé.

 

Il s’agit d’une étude nationale (américaine) longitudinale menée par le chercheur Arun Sanyal de l’UCV, qui révèle

l’incidence élevée des décès liés à la fibrose hépatique avancée,

une condition à la progression silencieuse et encore peu médiatisée. La recherche apporte une nouvelle notion d’urgence au dépistage des maladies du foie, en particulier chez les populations atteintes de diabète de type 2, mais précise aussi les directions de développement thérapeutique. « C’est la première photographie des résultats négatifs des patients atteints de maladie du foie gras non alcoolique ».

Enfin, l’étude rejoint les récentes directives de l'American Diabetes Association (ADA) qui suggèrent de dépister la maladie du foie chez l’ensemble des personnes diabétiques.

La fibrose hépatique ne résulte pas toujours de la consommation d’alcool

Quelques rappels sur la maladie : la fibrose hépatique reste une maladie peu connue du public qui l’associé fréquemment à la consommation excessive d'alcool. Cependant, la réalité est toute autre : un quart des adultes dans le monde souffrent de stéatose hépatique non alcoolique, une maladie caractérisée par un excès de graisse dans le foie, plus étroitement liée au diabète et à l’obésité.

 

La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD : nonalcoholic fatty liver disease) est mal connue mais c’est pourtant la maladie du foie la plus courante dans le monde. Elle touche plus de 90% des personnes obèses, 60% des diabétiques et jusqu'à 20% des personnes de poids normal. Le foie peut « rester gras » sans perturbation de sa fonction normale mais cet état peut également évoluer vers une stéatohépatite non alcoolique, une forme plus agressive de stéatose hépatique associée à une inflammation et à une fibrose, une condition qui peut à son tour évoluer vers la cirrhose puis le cancer du foie et le décès. Sans rapport avec la consommation d'alcool par définition, le premier stade de la stéatose hépatique non alcoolique est asymptomatique. C’est pourquoi la maladie est qualifiée de « silencieuse ».

Si elle n'est pas traitée, la maladie peut évoluer vers une fibrose avancée,

la fibrise étant caractérisée par une inflammation et des cicatrices et/ou vers une cirrhose qui endommage le foie de façon permanente. Lorsque la maladie est avancée, la greffe reste la seule option.

 

L’étude : les chercheurs ont suivi plus de 1.700 patients pendant une durée médiane de 4 ans, dont certains pendant jusqu'à 10 ans, afin d'évaluer leurs résultats. L’analyse conclut  :

 

  • le risque de décès apparaît significativement plus élevé chez les patients atteints de fibrose avancée,
  • en particulier après une hémorragie gastro-intestinale ou accumulation de liquide dans l'abdomen ;
  • une détérioration progressive de la fonction cérébrale semble également associée à la maladie du foie ;
  • une formation plus élevée de cicatrices (fibrose) est liée à un risque accru de décès.

 

Des implications pour le dépistage et le traitement : les chercheurs soulignent que traiter le diabète ne suffit donc pas à prévenir l’aggravation et le risque de décès liés à la fibrose hépatique : « même au sein d'une population diabétique particulièrement obèse, les patients qui ont une fibrose avancée meurent d'une maladie du foie. Le simple fait de traiter le diabète ne fait pas le travail ».

Des médicaments capables d’arrêter ou d’inverser la progression de la fibrose pourraient sauver un nombre important de vies. Cependant, à l’heure actuelle, aucun médicament n'est approuvé par les Agences sanitaires, pour traiter la stéatose hépatique non alcoolique ou sa version plus avancée, la stéatohépatite non alcoolique.

 

L’étude sensibilise ainsi à mieux chercher à comprendre les processus sous-jacents à la maladie du foie et à sortir, pour le développement de nouveaux traitements, du seul domaine du diabète et de l'endocrinologie.

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