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DIABÈTE : Un médicament de l'ostéoporose qui régule aussi le glucose

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 6 jours
Diabetologia
L'alendronate, un médicament utilisé dans le traitement de l'ostéoporose, notamment pour réduire le risque de fracture,  réduit également le risque de diabète de type 2 (Fotolia 201706462).

Cette recherche danoise, présentée lors de la Réunion annuelle de European Association for the Study of Diabetes (EASD) et à paraître dans la revue Diabetologia, suggère que l'alendronate, un médicament utilisé dans le traitement de l'ostéoporose, notamment pour réduire le risque de fracture, réduit également le risque de diabète de type 2. Alors qu’on sait depuis des décennies que les patients diabétiques ont un risque plus élevé de fractures, ce qui suggère un lien entre la régulation de la glycémie et la santé osseuse, ces données suggèrent à nouveau que la modification des cellules osseuses par alendronate pourrait également affecter la régulation du glucose.

 

L'alendronate est le traitement de première intention de l'ostéoporose, il aide, comme les autres bisphosphonates à renforcer les os et à réduire le risque de fracture. « En résumé, le traitement de l'ostéoporose pourrait avoir un impact sur le risque de diabète de type 2 », explique l’auteur principal, le Dr Rikke Viggers, de l'hôpital universitaire d'Aalborg (Danemark). Son équipe a comparé les taux de diabète chez les personnes prenant de l'alendronate, un médicament contre l'ostéoporose vs celles qui ne prenaient pas le traitement.

Un effet dose-dépendant de l'alendronate  sur le risque de diabète ?

Il s’agit de l’analyse des dossiers de 163.588 patients atteints de diabète de type 2 au Danemark, âgés en moyenne de 67 ans, à 55% des hommes, hospitalisés entre 2008 et 2018. Chaque patient diabétique a été apparié selon l'âge et le sexe avec 3 témoins en bonne santé donc exempt de diabète (soit 490.764 témoins au total). Les dossiers patients ont été utilisés pour déterminer si l'alendronate avait déjà été prescrit aux participants et les chercheurs ont pris en compte les facteurs de confusion possibles (notamment le tabagisme, la consommation d'alcool, l'obésité, le revenu et le statut matrimonial). L'analyse constate que :

 

  • les patients traités par l'alendronate présentent un risque réduit de 34% de diagnostic de diabète de type 2 vs les personnes n’ayant jamais pris le médicament ;
  • prendre de l'alendronate pendant 8 ans au moins apparaît associé à une réduction de 53% du risque de diabète de type 2 ;
  • une analyse plus poussée suggère un effet dose-dépendant, c'est-à-dire que la durée de traitement par alendronate est inversement associée à l’incidence du diabète de type 2.

 

Quels mécanismes ? Les chercheurs suggèrent que le bisphosphonate pourrait contribuer à réduire l'inflammation de bas grade et le stress oxydatif, 2 processus considérés comme essentiels au développement de la résistance à l'insuline. On ignore encore si d'autres médicaments contre l'ostéoporose pourraient exercer le même effet.

 

Les auteurs concluent : « Le diabète de type 2 est une maladie grave qui peut entraîner des comorbidités et des complications sévères dont l’AVC, la maladie cardiaque, la cécité et l'amputation d'un membre. Tout ce qui pourrait réduire l’incidence du diabète doit être étudié. L'alendronate, un médicament peu coûteux largement utilisé pour traiter l'ostéoporose, ouvre ainsi une piste prometteuse".

 

Si d’autres recherches restent à mener pour confirmer l’intérêt de l'alendronate pour lutter contre la prévalence croissante du diabète, les médecins peuvent déjà prendre en compte cet effet du médicament, lorsqu'ils prescrivent des médicaments contre l'ostéoporose aux personnes pré-diabétiques ou à risque élevé de diabète de type 2.

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