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EXERCICE : Nombre de pas ou de minutes, quelle est la meilleure métrique ?

Actualité publiée il y a 3 semaines 3 jours 16 heures
JAMA Internal Medicine
Alors que la pratique d’une activité ou de l’exercice physique est aujourd’hui reconnue comme un facteur majeur de santé, qui peut être prescrite par le médecin à certains de ses patients, il importe d’avoir une métrique standard pour exprimer ses objectifs (Visuel Adobe Stock 197317699)

Alors que la pratique d’une activité ou de l’exercice physique est aujourd’hui reconnue comme un facteur majeur de santé, qui peut être prescrite par le médecin à certains de ses patients, il importe d’avoir une métrique standard pour exprimer ses objectifs. Ces objectifs d’exercice doivent-ils être exprimés en minutes ou en pas ? s’interroge cette équipe de médecins du sport du Brigham and Women's Hospital. Accomplir un certain nombre de pas chaque jour ou pratiquer sur une certaine durée sont-ils des comportements associés de manière similaire aux résultats de santé ? L’étude, présentée dans le JAMA Internal Medicine conclut « peu importe ». Que ces objectifs soient donnés en pas ou en durée, ils restent associés de manière équivalente à de meilleurs résultats pour la santé, à une durée de vie prolongée et à une réduction du risque de maladie cardiovasculaire.

 

À l’ère des trackers, surveiller le nombre de pas n’a jamais été aussi simple. Cependant, on notera que les directives actuelles en matière de pratique de l’activité physique ne recommandent pas explicitement un nombre de pas spécifique mais une durée, soit 150 minutes d’activité d’intensité modérée à vigoureuse par semaine. La démarche de cette équipe est donc de tenter de trouver, pour ce facteur de mode de vie si important pour la santé une métrique standard, utilisable au quotidien. La démarche conclut que les objectifs d'exercice basés sur le pas et le temps sont associés de manière équivalente à des risques plus faibles de décès prématurés et de maladies cardiovasculaires.

Exprimer son objectif d’exercice en durée ou en pas est moins important que de choisir un objectif adapté à ses préférences personnelles.

Tout ce qui compte c’est de pratiquer, et de pratiquer suffisamment et régulièrement.

L'activité physique réduit le risque de maladies chroniques et d’infections et favorise la longévité. Les directives actuelles, mises à jour pour la dernière fois en 2018, recommandent aux adultes de pratiquer au moins 150 minutes d'activité physique modérée à vigoureuse (par exemple, marche rapide) ou 75 minutes d'activité vigoureuse (par exemple, jogging) par semaine. L’utilisation croissante des trackers a fait que le nombre de pas est désormais une mesure populaire du suivi de la condition physique. L'auteur principal le Dr Rikuta Hamaya, chercheur en médecine préventive au BWH précise : « Alors que de plus en plus de personnes utilisent des trackers pour mesurer leurs pas et leur état de santé général, il était important de

vérifier que les pas constituent une métrique équivalente aux objectifs basés sur le temps de pratique, dans leur association avec les résultats de santé ».

L’étude analyse les données de 14.399 femmes participant à la Women’s Health Study en bonne santé et notamment exemptes de maladies cardiovasculaires et de cancer. Entre 2011 et 2015, les participantes, alors âgées de 62 ans et plus ont été invitées à porter des appareils portables pendant 7 jours consécutifs afin d’enregistrer leurs niveaux d'activité physique. Tout au long de la période d'étude, les résultats de santé dont les décès, toutes causes confondues, et les maladies cardiovasculaires ont été recueillis par questionnaire.

 

  • durant la semaine de port du tracker, les participantes pratiquaient en moyenne 62 minutes d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse par semaine et effectuaient en moyenne 5.183 pas par jour ;
  • au cours du suivi médian de 9 ans, environ 9 % des participantes sont décédées et environ 4 % ont développé une maladie cardiovasculaire ;
  • des niveaux d’activité physique plus élevés, qu’ils soient évalués en nombre de pas ou en durée d’activité modérée à vigoureuse sont associés à d’importantes réductions du risque de décès ou de maladie cardiovasculaire ;
  • ainsi, les participantes des 25 % les plus actives présentent une réduction de 30 à 40 % du risque par rapport au quart des femmes les moins actives ;
  • les participantes dans les 75 % les plus actives ont vécu en moyenne 2,3 mois de plus en moyenne que celles des 25 % les moins actives ;
  • cet avantage en termes de survie persiste quelles que soient les différences d’indice de masse corporelle (IMC).

Les 2 mesures, durée ou nombre de pas, sont donc également utiles,

chacune ayant ses avantages et ses inconvénients.

  • Ainsi, sur le plan de la recherche, le nombre de pas peut ne pas tenir compte des différences de niveaux de condition physique. Par exemple, si une personne de 20 ans et une personne de 80 ans marchent toutes les deux pendant 30 minutes à intensité modérée, le nombre de leurs pas peut différer considérablement. À l’inverse, les pas sont simples à mesurer et moins sujets à interprétation que l’intensité de l’exercice. De plus, les pas capturent même les activités de la vie quotidienne, pas seulement l'exercice, et ce sont ces types d'activités quotidiennes qui sont le plus pratiqués par les personnes âgées.
  • Pour les plus jeunes, l'exercice peut impliquer des activités comme le tennis, le football, la marche ou le jogging, qui peuvent toutes être facilement quantifiées par des pas. Cependant, pour d'autres, cela peut consister en des balades à vélo ou de la natation, des activités pour lesquelles la durée de l'exercice est une métrique plus simple.

 

Les directives en matière d'activité physique devraient donc intégrer les 2 métriques, soulignent les auteurs :

« toutes les formes de mouvement sont bénéfiques pour la santé ».


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