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EXERCICE PROFESSIONNEL : Pourquoi certains généralistes capitulent

Actualité publiée il y a 3 mois 3 semaines 1 jour
BMJ Open
Des résultats d’enquête qui mettent en lumière la crise des soins primaires, avec à la clé, une pénurie grandissante de médecins généralistes apportant des soins à leurs patients.

Cette recherche britannique, menée à l’Université d'Exeter, sur les raisons pour lesquelles les médecins généralistes abandonnent la médecine générale et plus particulièrement les soins directs aux patents pose de multiples questions : celui de l’évolution professionnelle, des conditions d’exercice et de la disponibilité, des déserts médicaux et, bien entendu, de la délégation des soins et de la coordination pluridisciplinaire. Des résultats d’enquête aussi, qui mettent en lumière la crise des soins primaires, avec à la clé, une pénurie grandissante de médecins généralistes apportant des soins à leurs patients.

 

2 omnipraticiens sur cinq (ici dans le Sud-Ouest de l’Angleterre) prévoient de laisser les soins directs aux patients dans les 5 années qui viennent. Les raisons qui poussent les médecins à abandonner cet aspect de la pratique générale sont multiples dont la charge de travail, les conditions de la satisfaction professionnelle et de travail et le stress ou burn out fréquemment associés. La recherche, dirigée par le professeur John Campbell de l'Université d'Exeter permet de mieux identifier ces facteurs influençant les décisions d’exercice des médecins généralistes et pourrait contribuer au développement d’interventions visant à les « retenir » dans ce rôle essentiel, en particulier dans les « déserts médicaux ».

 

Les médecins généralistes prennent de nombreuses décisions complexes sur les soins aux patients et la prestation de services de santé. Poursuivre cette pratique générale impliquant ce rôle de soins directs aux patients, implique la prise de décisions supplémentaires à laquelle sont confrontés de nombreux médecins généralistes, par ailleurs en situation « de crise ».

Le sondage communiqué par l’analyse constate en effet que :

37% des généralistes déclarent une probabilité élevée de quitter les soins directs dans les 5 ans ;

70% indiquent des souhaits d’évolution de carrière qui sous-tendent une capacité et une disponibilité moindre, à assurer ces soins directs aux patients.

 

 

Un défi toxique pour les soins primaires : les mêmes données ont pu être observées dans d’autres pays, soulignent les auteurs, références à l’appui, sous la pression de la réduction générale du nombre de médecins généralistes, de formations non suivies ou inaccessibles, et du vieillissement général de la profession.

 

4 facteurs majeurs de réduction ou d’abandon d’exercice, et plus : la revue systématique des études basées sur les enquêtes menées auprès des médecins généralistes (au Royaume-Uni) identifie ici 4 facteurs majeurs, liés à l’exercice professionnel, qui contribuent à la décision des généralistes de quitter leur mode d’exercice ou de réduire leurs heures :

  • la charge de travail,
  • les souhaits de satisfaction et d’évolution professionnelle,
  • le stress,
  • et le contenu du « travail » lui-même.

Cependant de nombreux autres facteurs sous-tendent ces facteurs majeurs et influencent les décisions d’exercice des médecins généralistes, montre une enquête menée par interviews de 41 omnipraticiens. 3 thèmes principaux sont alors évoqués :

  • le sentiment que les soins primaires fondés sur la médecine générale sont sous-évalués dans les systèmes de santé;
  • les préoccupations, concernant les risques professionnels rencontrés lors de la prestation de soins dans un environnement de santé de plus en plus complexe;
  • enfin, des considérations sur le fait de quitter ou de rester dans les soins directs aux patients vs d’autres options aujourd’hui disponibles, dont l’exercice en structure pluridisciplinaire, maison, centre ou pôle de santé.

 

 

Pour une planification plus durable et plus stable : Face au manque de preuves disponibles pour les politiques, cette étude permet de mieux comprendre les expériences vécues par les généralistes et les facteurs qui, s'ils étaient mieux abordés et traités, pourraient contribuer à la « rétention » des personnels de soins primaires et à l’égalité d’accès aux soins. Ici, l’étude contribue à l'élaboration de ces stratégies dans le cadre du programme ReGROUP (pour Retention of experienced GPs). L’auteur principal de l’étude, le professeur Campbell conclut :

«Nous avons maintenant besoin d'une planification durable, stratégique et stable des services de santé - et non d'une série de solutions à court terme qui ne font que déstabiliser davantage les soins cliniques: l'innovation est essentielle mais doit reposer sur des preuves solides ».

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