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EXPOSOME SOCIAL : Et s’il déterminait la santé mentale ?

Actualité publiée il y a 1 année 1 semaine 6 jours
Nature Communications
Les expériences sociales de toute une vie laissent des empreintes durables (Visuel Adobe Stock 331120511)

Les expériences sociales de toute une vie laissent des empreintes durables et ont des conséquences elles-aussi à vie sur la santé mentale et cérébrale, conclut cette équipe de psychiatres et de psychologues du Trinity College Dublin. Des conclusions, documentées dans la revue Nature Communications, qui vont jusqu’à établir un lien entre « un exposome social négatif » et une détérioration des fonctions cognitives et mentales.

 

L’exposome social est ici défini comme l’ensemble des expériences sociales marquantes de toute une vie, -qui constituent l’un des fondements de notre identité. Les psychologues irlandais se posent ici la question de son impact aussi sur la santé. Ces travaux suggèrent ainsi que des difficultés à l'enfance, la maltraitance, ou l'exposition à la violence et de nombreux autres aspects sociaux peuvent « s'accumuler » lentement au fil du temps

et, des décennies plus tard, influencer la croissance, les connexions et l'adaptation du cerveau.

L'exposome social détermine la santé cérébrale

L’étude qualifiée de « révolutionnaire » démontre qu'un exposome social négatif, défini comme l'exposition cumulative à des facteurs tels qu'un faible niveau d'éducation, des expériences infantiles difficiles, l'insécurité alimentaire, le stress financier, un accès limité aux soins de santé et des événements traumatisants est immanquablement liée à une détérioration des fonctions cognitives et mentales ainsi qu’à des altérations de la structure et des fonctions cérébrales.

 

Ces effets ont un impact durable non seulement sur le vieillissement en bonne santé, mais aussi sur la prévention de la démence – qui devrait ainsi commencer dès l'enfance.

 

Les chercheurs développent et valident en premier lieu une échelle d’évaluation de l'exposome social, basée sur pas moins de 319 dimensions : éducation, insécurité alimentaire, situation financière, patrimoine, accès aux soins de santé, travail pendant l'enfance, statut socio-économique subjectif et objectif, expériences vécues pendant l'enfance, événements traumatiques et relations interpersonnelles. Ces scores ont été évalués auprès de 2.211 participants de 6 pays d'Amérique latine. Cette région a été choisie en raison de l'influence plus importante de l'exposome social. L’analyse révèle que :

  • plus l'exposition sociale est défavorable, plus les déficiences cognitives, fonctionnelles, mentales et cérébrales sont importantes ;

  • de nombreux facteurs sociaux et environnementaux à différentes étapes de la vie se révèlent associés à de multiples dimensions de la santé cérébrale ;
  • les expositions défavorables sont clairement associées à une dégradation des fonctions cognitives au cours d'un vieillissement en bonne santé ;
  • en cas de démence, des expositions plus complexes (insécurité alimentaire, situation financière, statut socio-économique et accès aux soins de santé) sont également corrélées à une baisse des performances cognitives et fonctionnelles, à une aggravation des symptômes de santé mentale, ainsi qu'à des modifications de la structure et à la connectivité cérébrales ;
  • c'est l'accumulation de ces expositions tout au long de la vie,

plutôt que l'impact de composantes individuelles évaluées isolément, qui se révèle plus fortement associée à ces dimensions de la santé cérébrale ;

 

En conclusion, pris ensemble, ces résultats mettent en évidence comment l'adversité sociale -ou plus largement, l’exposome social- « s'intègre biologiquement dans la structure et le fonctionnement du cerveau ».

 

« L’interaction entre les facteurs de risque modifiables et l’exposome social ouvre la voie à l’élaboration d’interventions de prévention de la démence plus adaptées au profil de risque de chaque individu ».

 

Au-delà des approches à facteurs uniques tels que le nombre d'années d'études ou le revenu, cette étude montre, qu’intégrer les expériences multidimensionnelles de la vie dans un indice d'exposome social incluant la quantité et la qualité de l'éducation, l'insécurité alimentaire, le stress financier et les actifs, le statut socio-économique subjectif et objectif, l'accès aux soins de santé, le travail et les expériences vécues pendant l'enfance, les événements traumatisants et les relations interpersonnelles, permet de mieux anticiper un déclin cognitif ou fonctionnel, une santé mentale plus fragile, voire des altérations structurelles et fonctionnelles des réseaux cérébraux associés à la démence.

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