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FRACTURE de CÔTE : Quelle meilleure option que l’attente ?

Actualité publiée il y a 6 mois 3 semaines 3 jours
Journal of Trauma and Acute Care Surgery
En stabilisant chirurgicalement les côtes fracturées et luxées, il est possible de réduire significativement la douleur et d’améliorer plus rapidement la qualité de vie des patients

Jusqu’ici, la pratique et la formation cliniques exigaient peu ou pas de traitement en cas de côtes fracturées. Même si le patient doit souffrir durant des mois. Ainsi l'efficacité d’une stabilisation chirurgicale de la fracture des côtes chez les patients sans enfoncement thoracique n’a pas été récemment documentée. Cette étude multicentrique de l’Université de Caroline du Sud suggère, qu’en stabilisant chirurgicalement les côtes fracturées et luxées, il est possible de réduire significativement la douleur et d’améliorer plus rapidement la qualité de vie des patients. Un point d'actualisation dans le Journal of Trauma and Acute Care Surgery qui tient compte des nouvelles techniques disponibles.

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En cas de fracture du bras, de la jambe ou de certaines luxations du poignet, le médecin ou le chirurgien intervient pour remettre les os en bonne position, pour s'assurer qu'il cicatrise correctement et avec le moins d'inconfort possible pour le patient. Mais pour la majorité des fractures des côtes, l’usage clinique reste l’absence de traitement : « Donner des médicaments pour la douleur et préconiser un système de ventilation si la respiration est un problème », indique l’auteur principal, le Dr Evert Eriksson, chirurgien traumatologue à l'Université de Caroline du Sud : « Cependant, ce principe a évolué au cours de ces dix dernières années, pour préconiser plus fréquemment la réparation des fractures multiples », ajoute le chirurgien.

En stabilisant les côtes partiellement déplacées et fracturées, la douleur et la qualité de vie des patients s'améliorent

 

Cet essai clinique multicentrique, prospectif et contrôlé a comparé la stabilisation chirurgicale des côtes fracturées (au moins 3 avec déplacement mais sans enfoncement thoracique) dans les 72 heures de la prise en charge médicale. Le résultat principal était le score de douleur à 2 semaines de suivi. Les chercheurs ont également évalué la consommation d’analgésiques, la respiration par spirométrie, la fonction pulmonaire, les complications éventuelles de la cavité pleurale et la qualité de vie globale des patients opérés ou pas.

  • L’essai montre que les patients qui ont subi une stabilisation chirurgicale des côtes fracturées rapportent moins de douleur (sur une échelle numérique) et une meilleure qualité de vie après leur chirurgie de stabilisation ;
  • bien que l'utilisation de médicaments ne diffère pas entre les 2 groupes de patients, les patients opérés rapportent moins de douleur à chaque évaluation médicale ;
  • bien que la durée de cicatrisation osseuse ne diffère pas entre les 2 groupes de patients, les patients opérés décrivent une récupération là encore moins douloureuse et une plus grande facilité à respirer ;
  • les patients opérés connaissent moins de complications de leurs fractures des côtes. En prenant en compte toute blessure supplémentaire, en guidant les os dans la bonne position et en retirant tout excès de sang de la zone, les chirurgiens ont limité le risque de saignements supplémentaires ou d’accumulation de liquide dans cet espace : ainsi, le taux de complication de la cavité pleurale est nul chez les patients opérés (vs 10% pour les non-opérés) ;
  • enfin, soulignent les auteurs, « en stabilisant la paroi thoracique, nous pouvons également améliorer les résultats d’autres fractures, comme celles de la clavicule ou de l'omoplate ».

 

 

Le contexte technologique a considérablement évolué : les chirurgiens concluent que les patients qui ont des fractures partiellement déplacées bénéficient donc d'une procédure généralement réservée à des blessures plus sévères. Alors pourquoi ce résultat, aujourd’hui ? Les auteurs expliquent que, dans le passé, des limitations technologiques ne leur permettaient pas ou moins facilement d'effectuer cette procédure. De nouveaux équipements permettant de petites incisions chirurgicales et limitant le risque de complications dans l'espace pleural sont aujourd’hui disponibles. En écartant les muscles, au lieu de les couper, les chirurgiens peuvent accéder à la paroi thoracique et aux côtes de manière moins invasive. Les matériaux de stabilisation se sont également améliorés, devenant moins rigides et plus flexibles avec les mouvements du patient, en particulier avec la respiration.

 

En conclusion, « cette procédure de stabilisation chirurgicale peut être également envisagée chez un nouvel ensemble de patients, avec des bénéfices significatifs de réduction de la douleur et d’amélioration de la qualité de vie ».

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