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GRAISSE INTERMUSCULAIRE : Un « marbrage » qui condamne le muscle

Actualité publiée il y a 1 année 3 semaines 5 jours
Cell Reports
Lorsqu’il s’agit de notre propre muscle, ce marbrage est plutôt un signe de mauvaise santé (Visuel Adobe Stock 882299305)

Si un bon steak « marbré de graisse » est apprécié par les gastronomes carnivores, lorsqu’il s’agit de notre propre muscle, ce marbrage est plutôt un signe de mauvaise santé, révèle cette équipe de l’Université de Floride (UF). Il s’agit même d’un trouble à part entière, Ce trouble, appelé « tissu adipeux intramusculaire » (IMAT : intramuscular adipose tissue), est reconnu depuis longtemps par les scientifiques comme un indicateur fiable de mauvaise santé.

 

Cette caractéristique a en effet été liée à un large éventail de maladies : obésité, diabète de type 2, maladies neuromusculaires dont la myopathie de Duchenne et maladies neurodégénératives comme la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Dans certains cas, la quantité de graisse dans le tissu musculaire est un marqueur significatif de l’évolution de la maladie.

 

L’auteur principal, Daniel Kopinke, chercheur et professeur de pharmacologie et de thérapeutique à l'UF, précise : « nous avons cherché à comprendre le rôle précis que l'IMAT sur la santé musculaire et nos travaux apportent des preuves fonctionnelles de son rôle de facteur actif dans le déclin de la fonction musculaire ».

La graisse intramusculaire agit comme une barrière physique,

entravant le processus traditionnel de cicatrisation et de régénération qui répond généralement à une lésion musculaire.

 

L’étude a d’abord consisté à développer un modèle génétique appelé mFATBLOCK :

 

  • lorsque des cellules graisseuses sont présentes dans le muscle, les fibres musculaires sont incapables de se former et de croître correctement ;
  • l’accumulation de tissu adipeux induit un processus de cicatrisation désorganisé et chaotique, qui aboutit finalement à des fibres musculaires plus petites et plus fragiles ;
  • là où l'espace est occupé par des cellules graisseuses, les fibres musculaires ne peuvent pas se développer ;
  • le tissu adipeux peut finir à prendre la place de 12 % du tissu musculaire total ;
  • le résultat est une perte de force musculaire :

le muscle avec ces intrus graisseux n’est plus capable de produire la même force qu'un muscle en bonne santé.

Quelle stratégie ? La solution pour réduire la graisse intramusculaire est la même que pour la perte de poids générale : créer un déséquilibre énergétique. En dépensant plus d'énergie qu'il n'en consomme, le corps est contraint de réduire ses cellules graisseuses, y compris les cellules adipeuses qui se sont accumulées dans les muscles.

 

« En réduisant la surface occupée par les cellules graisseuses dans les muscles, les fibres musculaires ont plus d'espace pour se redévelopper ».

 

Ces observations modifient enfin notre compréhension du rôle de la graisse dans les maladies musculaires et le vieillissement. Avec des implications majeures pour les traitements actuels des blessures musculaires graves et des maladies chroniques comme la dystrophie musculaire ou la perte musculaire liée à l'âge.

 

Des stratégies visant à réduire ou à supprimer ce blocage physique de la graisse, plutôt que de se concentrer uniquement sur la croissance musculaire, sont donc prometteuses.

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