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GRIPPE: De la bave de crapaud pour de nouveaux antiviraux

Actualité publiée il y a 2 années 7 mois 11 heures
Immunity

La bave de grenouille pourrait-elle nous protéger contre une future épidémie de grippe ? Il existe de nombreuses souches différentes du virus de la grippe et les antiviraux ne sont pas toujours efficaces. Une nouvelle molécule puissante, un peptide appelé urumin, découvert dans la bave du crapaud pourrait apporter une nouvelle arme capable de lutter contre les épidémies de grippe. Une étude surprenante d’une équipe de l’Emory, présentée dans la revue Immunity, qui nous apporte un autre exemple de substance naturelle ayant des propriétés médicales propices à de nouveaux médicaments humains.

Les chercheurs de l'Emory University et de l'Icahn School of Medicine (US) et du Rajiv Gandhi Center for Biotechnology (Inde) examinent ici les sécrétions d'une « variété » de grenouille, Hydrophylax bahuvistara. Ils identifient un peptide (chaîne courte d'acides aminés) capable de tuer certains virus de la grippe. La démonstration d'efficacité de ce peptide, nommé « urumin » est faite ici in vitro et in vivo chez des souris.


Au départ, l'équipe était en recherche de nouvelles molécules antivirales dans les sécrétions cutanées de la grenouille, dont les secrétions ont déjà été documentées comme protectrices contre les bactéries et les virus. Les chercheurs ont recueilli des sécrétions de peau d'un type de grenouille du sud de l'Inde, puis les ont analysées. Ils ont ensuite testé chaque peptide identifié pour voir s'il pouvait tuer le virus de la grippe humaine en laboratoire et évaluer sa toxicité. 32 peptides appropriés identifiés ont ensuite été testés sur des souris vivantes infectées par une forte dose du virus de la grippe : un groupe de souris a reçu une dose d'urumin et l'autre groupe un placebo, par voie intranasale et cela 5 mn avant l'infection. L'urumin a également été testé contre d'autres virus (VIH, VHC, Ebola, Zika et Dengue).

4 peptides ont finalement été retenus comme capables de tuer plus de la moitié d'une charge virale H1N1 ;

-le peptide le moins nocif pour les cellules humaines a été sélectionné et nommé « urumin» ;

-l'urumin s'avère efficace à tuer différents types de virus de la grippe H1N1 in vitro, et au moins 60% de chacun des huit types de H1N1 testés ;

-l'urumin s'avère efficace à tuer 7 souches de H1N1 résistantes aux antiviraux classiques de type Tamiflu ;

-des souris vivantes infectées sont également bien protégées contre le virus de la grippe. Elles perdent moins de poids et présentent une concentration virale moindre dans leurs poumons. Leur risque de décès est considérablement réduit : 70% des souris traitées avec de l'urumin survivent, vs 20% dans le groupe témoin.

-l'urumin ne montre aucun effet contre les autres virus humains étudiés.

Quel processus ? Le peptide va cibler la partie de la structure du virus qui est partagée entre différentes souches « H1 », appelées « régions de la tige ». La recherche sur l'urumin est encore à un stade précoce, trop tôt pour dire que c'est un « remède » pour la grippe. Bien qu'il soit efficace contre plusieurs types de virus de la grippe dans le laboratoire - y compris celui qui a causé la pandémie de la grippe porcine 2009 - il n'a pas fonctionné contre d'autres. La découverte de cette nouvelle molécule intervient alors que les antiviraux actuels se révèlent avoir une efficacité limitée contre la grippe, et a fortiori contre de nouveaux virus émergents. Certes, le développement du médicament et les essais cliniques restent à mener, cependant ces premiers résultats prometteurs sur l'urumin nous apportent un nouvel exemple de vertus thérapeutiques de substances naturelles.

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