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GROSSESSE et COVID : L’oxyde nitrique inhalé soulage la pneumonie

Actualité publiée il y a 2 mois 2 semaines 3 jours
Obstetrics and Gynecology
L’oxyde nitrique permet bien de réduire la durée d’hospitalisation et, plus largement, d’améliorer l'oxygénation chez les patientes enceintes atteintes de pneumonie associée au COVID-19 (Adobe Stock 282483889).

Ce n’est pas la première étude à documenter la piste de l’oxyde nitrique inhalé dans le traitement du COVID, et à suggérer cette approche comme une arme secrète efficace contre les formes sévères de la maladie. Cette nouvelle recherche, à paraître dans la revue Obstetrics and Gynecology révèle que l’oxyde nitrique permet bien de réduire la durée d’hospitalisation et, plus largement, d’améliorer l'oxygénation chez les patientes enceintes atteintes de pneumonie associée au COVID-19.

 

L’étude, menée au Massachusetts General Hospital (MGH) soutient donc cette nouvelle approche de traitement de la pneumonie qui combine, en pratique clinique, du monoxyde d'azote inhalé à haute dose et une surveillance rigoureuse de la patiente. L'étude démontre notamment sa sécurité chez ce groupe de patientes doublement vulnérables.

Une thérapie par ailleurs déjà bien éprouvée

L’oxyde nitrique inhalé à haute dose (iNO : inhaled nitric oxide) est une thérapie respiratoire sûre et efficace pour les femmes enceintes hospitalisées avec une pneumonie COVID-19 sévère, qui permet une réduction de la durée de l’hospitalisation. Précisément, les chercheurs rapportent que l'ajout de monoxyde d'azote (oxyde nitrique) 2 fois par jour à l'oxygénothérapie standard, permet de réduire la fréquence respiratoire des femmes enceintes présentant de faibles niveaux d'oxygénation du sang, et cela sans provoquer d'effets secondaires.

 

« Pourtant, à ce jour, très peu de traitements respiratoires viennent compléter l'oxygénothérapie chez les patientes enceintes COVID-19 », relève l'un des auteurs principaux, le Dr Lorenzo Berra, du Département d'anesthésie, de soins intensifs et de médecine de la douleur du MGH. « Les cliniciens qui ont participé à notre étude conviennent que

l'administration d'oxyde nitrique à forte dose à travers un masque bien ajusté a un énorme potentiel en tant que nouvelle stratégie thérapeutique pour les patientes enceintes atteintes de COVID-19 ».

 

L'oxyde nitrique est un gaz thérapeutique approuvé par l’Agence américaine Food and Drug Administration (et les autres agences sanitaires) pour le traitement par inhalation des nouveau-nés intubés et ventilés, souffrant d'insuffisance respiratoire hypoxique. L'iNO à fortes concentrations s'est également avéré efficace comme antimicrobien pour réduire la réplication virale du SRAS et, plus récemment, du SRAS Co-V-2, le virus responsable du COVID-19. Au cours de la première vague de COVID-19, le MGH a traité 6 patientes enceintes non intubées avec des doses élevées d’iNO et les résultats favorables ont conduit les cliniciens du MGH à proposer ce traitement à d'autres patientes enceintes et à concevoir l'étude actuelle.

 

Pourquoi cibler l’étude sur les femmes enceintes ? Parce que la pneumonie déclenchée par le COVID-19 est particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes : elle peut rapidement évoluer vers une insuffisance d'oxygène dans le sang et les tissus (hypoxémie), ce qui nécessite l’hospitalisation et l’assistance cardiopulmonaire.

 

« Les femmes enceintes COVID positives sont 3 fois plus susceptibles d'avoir besoin d'une admission en USI, d'une ventilation mécanique ou d'une assistance respiratoire avancée et présentent un risque de décès multiplié par 4 », rappelle le Dr Carlo Valsecchi, l'un des auteurs principaux et clinicien du Département d'anesthésie, de soins intensifs et de médecine de la douleur du MGH. « Les femmes enceintes avec COVID sont également confrontées à un risque accru de complications obstétricales telles que la prééclampsie, l'accouchement prématuré et la mortinaissance ».

 

« Être en mesure de sevrer plus rapidement ces femmes plus vulnérables de l'assistance respiratoire a d'autres implications bénéfiques, comme la réduction du stress des patientes et de leurs familles, réduire le risque d'infections nosocomiales et alléger le fardeau du système de santé". L’étude soutient la sécurité de l'oxyde nitrique à haute dose, et nous espérons que davantage de médecins envisageront d’intégrer la thérapie dans les protocoles de prise en charge de la pneumonie, chez ces patientes.

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