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HPV : Pourquoi ne pas le dépister à la maison ?

Actualité publiée il y a 11 mois 3 jours 13 heures
The Lancet Public Health
L’étude fournit la preuve que le test HPV réalisé par le patient lui-même à domicile peut être une stratégie efficace pour certains groupes de population qui disposent d’un accès limité à ce service de santé (Visuel Adobe Stock 593284318)

Lever les obstacles financiers et d’accès aux tests de diagnostic et au traitement, ici en ce qui concerne le dépistage de l’infection à papillomavirus humain, ou HPV (Human Papillomavirus), c’est la proposition documentée dans cette étude de perspective, publiée dans le Lancet Public Health. L’étude fournit la preuve que le test HPV réalisé par le patient lui-même à domicile peut être une stratégie efficace pour certains groupes de population qui disposent d’un accès limité aux services de santé. Plus largement, ces chercheurs de l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill et de la Johns Hopkins University (Baltimore) proposent cette piste afin d'optimiser l'ensemble du processus de prévention du cancer du col.

 

La principale cause du cancer du col de l'utérus est l’infection persistante par un HPV oncogène qui induit le risque de développer des lésions cervicales précancéreuses. Le cancer du col de l'utérus touche de manière disproportionnée les femmes des minorités ayant le moins accès aux services de soins de santé. Il s’agit donc de trouver les moyens de leur donner accès au dépistage régulier, conformément aux directives nationales de dépistage. Le dépistage standard est effectué via le test de Papanicolaou (Pap) et recommandé tous les 3 ans aux femmes âgées de 21 à 65 ans.

 

Parmi les pistes permettant d’élargir ce dépistage, celle de l'envoi par la poste de kits de prélèvement à domicile. Cette intervention pourrait permettre de doubler ou presque le taux de dépistage du cancer du col de l'utérus en population générale.

Les kits de prélèvement à domicile peuvent optimiser le dépistage du cancer du col

L’étude, un essai clinique mené auprès de 665 femmes « sous-dépistées », résidant en Caroline du Nord a regardé les conséquences, en pratique, de l'utilisation de kits d'auto-collecte du virus du papillome humain à haut risque ou oncogène (HPV 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) sur la couverture du dépistage du cancer du col de l'utérus. L’expérience révèle :

 

  • un taux de participation au dépistage parmi les participantes ayant reçu des kits d'auto-collecte ainsi qu’un soutien pour assister à un rendez-vous de préparation de 72 % soit multiplié par 2 par rapport  aux participants qui n’ayant reçu qu’un rendez-vous de sensibilisation, mais pas de kit (37 %) ;
  • que 78 % des participantes ayant reçu le kit renvoient le prélèvement, ce qui suggère l’efficacité de la réalisation à domicile et de la sensibilisation communautaire dans l'augmentation de la couverture de ce dépistage ;
  • des résultats valides ont été obtenus pour 329 participantes, dont 16 % ont été testées positives pour le HPV et ont été orientées vers des consultations de suivi, auxquelles 42 % ont assisté ;
  • chez 1 % de ces participantes, les tests ont détecté des lésions pouvant évoluer vers un cancer du col de l'utérus. Ces participantes ont pu recevoir un traitement.

 

Les chercheurs rappellent également les données de précédentes études ayant suggéré ce potentiel des kits d'auto-collecte pour le dépistage du HPV. L'auteur principal, le Dr Jennifer S. Smith, de l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, commente ces données : « Jusqu'à présent, la plupart des études visant à déterminer si l'auto-collecte du HPV augmente le dépistage du cancer du col de l'utérus ont été effectuées en dehors des États-Unis, cette étude confirme l’intérêt de ce mode de dépistage quel que soit le pays considéré ».

 

Les kits envoyés par la poste ne répondent pas aux besoins de toutes les femmes et moins de la moitié des participantes ayant obtenu des tests positifs se sont rendues à leur consultation de suivi, cependant c'est une première piste prometteuse. Cela n'exclut pas, écrivent les auteurs, de mettre en œuvre d’autres interventions complémentaires permettant de mieux assurer la continuité des soins chez ces femmes plus vulnérables.

 

Les chercheurs insistent notamment sur la nécessité de meilleurs services de transport, d’une couverture santé plus universelle et à un accès élargi à des professionnels de santé qualifiés.

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