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HYPERACTIVITÉ (TDAH) : Est-ce principalement une forme de trouble du sommeil ?

Actualité publiée il y a 5 mois 2 semaines 6 jours
ECNP Congress for Applied and Translational Neuroscience
Les symptômes du TDAH peuvent devenir plus visibles à l’entrée à l'école.

Entre 2 et 5% des enfants, les adultes et des personnes âgées souffrent de trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH). 75% d’entre eux souffrent également de troubles du sommeil, considérés comme une condition distincte. Cette recherche propose néanmoins une nouvelle hypothèse : une grande partie du TDAH pourrait en fait être un problème associé au manque de sommeil et à la perturbation circadienne associée. Des données présentées au 30è Congrès de l’European College of Neuropsychopharmacology (Paris), qui engagement, à minima, de mieux comprendre cette association entre TDAH et troubles du sommeil chez l’enfant.

 

D’autant que les psychostimulants couramment prescrits pour le déficit de l'attention / hyperactivité (TDAH), comme la Ritaline et l'Adderall, affectent le sommeil des enfants, avait d’ailleurs conclu une méta-analyse de plusieurs études précédentes. Cette confirmation de cet effet néfaste majeur des traitements sur le sommeil incitant non seulement à un dosage personnalisé du traitement, mais posant également la question d’un cercle vicieux TDAH- médicament-trouble du sommeil.

 

Le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) est caractérisé par un ensemble de symptômes comportementaux (associé à un modèle neurobiologique), dont l'inattention, l'hyperactivité, les sautes d'humeur et l'impulsivité. Le TDAH est héréditaire et plusieurs différences dans le volume et la fonction du cerveau ont été démontrées comme caractéristiques du trouble. Les symptômes du TDAH ont tendance à être détectés à un âge précoce et peuvent devenir plus visibles à l’entrée à l'école. La plupart des cas sont diagnostiqués entre les âges de 6 et 12 ans, mais le TDAH est également retrouvé chez l’adulte ou la personne âgée, car le trouble peut persister pendant la durée de vie. Les patients souffrant de TDAH ont souvent des problèmes supplémentaires, tels que de sommeil, d'humeur et d'anxiété.

 

Ici, le Professeur Sandra Kooij, professeur de Psychiatrie au VU University Medical Center (Amsterdam) part des données de la littérature montrant que les personnes atteintes de TDAH ont également tendance à souffrir de problèmes de sommeil. L’analyse des preuves existantes conclut en effet que ces troubles du sommeil sont présents chez la majorité des patients « hyperactifs ». Les scientifiques expliquent cette combinaison par la perturbation du rythme circadien, jour – nuit, ce qui induit la perturbation de plusieurs processus physiques, le sommeil bien sûr mais aussi la température corporelle, les mouvements ou la motricité, l’alimentation via le moment des repas, etc.

 

Des preuves multiples en faveur d’une association étroite entre troubles du sommeil et TDAH : c’est une synthèse des preuves et des conclusions ci-dessous, qui mène les scientifiques à cette association étroite entre troubles du sommeil et TDAH, au point de faire l’hypothèse que le TDAH pourrait être une forme de « symptôme » du dérèglement du rythme circadien :

  • chez 75% des patients atteints de TDAH, la phase de sommeil physiologique telle qu’identifiée par des mesures physiologiques associées au sommeil, dont les changements dans les niveaux de l'hormone du sommeil, la mélatonine, et dans les mouvements liés aux stades du sommeil est retardée de 1,5 heure.
  • les changements de température corporelle associés au sommeil sont également retardés (reflétant le retard combiné des changements de mélatonine) ;
  • de nombreux troubles liés au sommeil sont associés au TDAH, y compris le syndrome des jambes sans repose, l'apnée du sommeil et les troubles du rythme circadien, ou le syndrome de la phase de sommeil retardé ;
  • les personnes souffrant de TDAH affichent souvent une plus forte vigilance dans la soirée, au contraire de la population générale ;
  • de nombreux patients parviennent à réduire les comportements d’hyperactivité en prenant de la mélatonine le soir ou par luminothérapie dans la matinée, ce qui contribue à réinitialiser leur rythme circadien ;
  • 70% des personnes adultes souffrant de TDAH présentent un surdimensionnement des yeux à la lumière, ce qui les contraint à porter des lunettes de soleil pendant de longues périodes pendant la journée, ce qui aggrave les symptômes associés au dérèglement du rythme circadien ;
  • l’endormissement tardif et de manière chronique des personnes à TDAH les conduit à un manque chronique de sommeil, associé à l'obésité, au diabète, aux maladies cardiovasculaires et au cancer. Cette cascade de conséquences néfastes sur la santé peut, en partie, être évité en réinitialisant le rythme de sommeil.

 

 

Le TDAH entraîne-t-il l’insomnie ou l'insomnie entraine-t-elle le TDAH ? Les scientifiques travaillent à identifier des biomarqueurs de cette relation étroite, physique et mentale entre sommeil et TDAH. Parmi les biomarqueurs envisagés, les niveaux de vitamine D, la glycémie, les niveaux de cortisol, la pression artérielle sur 24 heures, la variabilité du rythme cardiaque, etc… Si la connexion est confirmée par ces biomarqueurs, la question se pose du sens de la relation : Le TDAH entraîne-t-il l’insomnie ou l'insomnie entraine-t-elle le TDAH ? Cela suggère l’hypothèse que certains TDAH pourraient être traités par des méthodes non pharmacologiques, telles que la régulation de la lumière ou des interventions portant sur l’hygiène du sommeil.

 

« Nous ne prétendons pas que tous les cas de TDAH sont associés à ces modèles circadiens, mais il apparait de plus en plus probable que ce soit un facteur décisif ».

 

La perturbation du système circadien, un mécanisme clé dans le TDAH ? C’est en tous cas, la conclusion de cette analyse qui suggère alors l’association du TDAH à d'autres maladies mentales telles que la dépression ou le trouble bipolaire. Mais au-delà de ces considérations physiopathologiques, les problèmes de sommeil et les anomalies des rythmes circadiens constituent un problème sévère pour de nombreux patients à TDAH. Plus de recherches sur les connexions entre le TDAH et l' « horloge interne » seraient donc bienvenues.

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