HYPERCHOLESTÉROLÉMIE FAMILIALE : Un nouveau score clinique pour la détecter
Cette étude menée par une équipe de biologistes de l’Université de Pittsburgh établit un lien entre certaines variations génétiques, l'augmentation du « mauvais » cholestérol et le risque d'infarctus ou crise cardiaque. Ces travaux, publiés dans la revue Science, vont permettre enfin d'identifier les personnes présentant un risque génétique d'hypercholestérolémie -ou de mauvais » cholestérol-, un facteur majeur de maladies cardiovasculaires.
Alors que les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité dans le monde, que leurs facteurs de risque comprennent l'alimentation trop riche et le manque d’exercice physique, il ne s’agit pas de négliger
la prédisposition génétique à l'accumulation de plaque dans les artères qui irriguent le cœur.
Cette prédisposition résulte de variations mineures du gène codant pour le récepteur de la lipoprotéine de basse densité (LDL) ou « mauvais cholestérol ». Cette recherche permet donc d’avancer dans la prise en charge de l’hypercholestérolémie familiale, trop rarement dépistée et dont de premiers gènes de susceptibilité ont déjà été identifiés.
L’auteur principal, le Dr Frederick Roth, professeur et directeur du département de biologie de l'Université de Pittsburgh, précise : « même avec un taux de LDL normal, une personne peut présenter un risque accru d'infarctus en raison de variants pathogènes du récepteur LDL. En identifiant les variants délétères du récepteur LDL, il devient possible d’instaurer un traitement préventif précoce ».
Dans les vaisseaux sanguins sains, le LDL agit comme une navette, transportant des fragments de « bon » cholestérol – un composant essentiel des membranes cellulaires, également important pour la digestion des aliments et la production d'hormones et de vitamines, notamment la vitamine D.
Cependant, des mutations génétiques peuvent entraîner des taux de LDL dangereusement élevés.
C’est alors que le LDL devient « le mauvais cholestérol ». Bien que les technologies modernes de séquençage génétique permettent de lire et de décoder l'intégralité du code génétique d'une personne à partir d'un petit échantillon de tissu en quelques heures, l'interprétation d'une telle quantité de données reste complexe.
L’étude classe près de 17.000 modifications du gène du récepteur LDL, ainsi que les changements correspondants dans la structure de la protéine du récepteur LDL. Le bilan obtenu évalue chaque variant protéique en fonction de son mécanisme d'action et de son impact sur l'efficacité de l'élimination du LDL, offrant ainsi aux cliniciens des données complètes, synthétiques et exploitables sur le risque d'hypercholestérolémie d’un patient.
Vers un score de risque clinique : « On observe constamment de nouvelles variantes non classées en clinique, et nous manquons souvent de données probantes pour orienter la prise en charge des patients. Ces scores d’impact des variantes pourraient décupler le nombre de diagnostics d’hypercholestérolémie familiale chez les personnes porteuses de variantes non classées ».
De même que l’identification des mutations du gène BRCA1 du cancer du sein a permis de sauver de nombreuses vies en prédisant le risque de cancer suffisamment tôt pour permettre sa prévention, les auteurs espèrent que cette ressource constituera un outil de diagnostic clinique puissant pour les maladies cardiaques.
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