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HYPOSMIE : Elle annonce aussi la dépression ?

Actualité publiée il y a 11 mois 3 semaines 5 jours
Journal of Gerontology: Medical Sciences
De nombreuses études ont suggéré que l’anosmie pouvait être l’une des manifestations de l’inflammation cérébrale associée à l’infection. Ce pourrait également être le cas avec la dépression (Visuel Adobe stock 168525719)

Au cours de la pandémie COVID, de nombreuses études ont suggéré que l’anosmie pouvait être l’une des manifestations de l’inflammation cérébrale associée à l’infection. Ce pourrait également être le cas avec la dépression : cette recherche, menée à la Johns Hopkins Medicine (Baltimore) suggère qu’une perte d’odorat ou hyposmie, pourrait être le signe d’un risque accru de dépression chez les personnes âgées. Ces conclusions, publiées dans le Journal of Gerontology confirment une association suspectée de longue date entre l’hyposmie et la maladie d'Alzheimer ou d'autres démences.

 

La recherche ne démontre pas que la perte d'odorat provoque la dépression, mais suggère qu'elle peut servir d'indicateur puissant de la santé et du bien-être en général. L’auteur principal, le Dr Vidya Kamath, professeur agrégé de psychiatrie et de sciences du comportement à la Johns Hopkins commente ces données : « Nous avons vu à plusieurs reprises qu’une perte d’odorat peut être un signe avant-coureur de maladies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson, ainsi que du risque de mortalité. Cette étude souligne son association avec les symptômes dépressifs ».

Une association hyposmie-dépression dose-dépendante

L’étude, qui explore également les facteurs qui pourraient influencer la relation entre l'olfaction et la dépression, dont le déclin cognitif et l'inflammation, est menée auprès de 2 125 participants à l’étude sur le vieillissement Health ABC, âgés de 70 à 73 ans à l’inclusion et suivis durant une moyenne de 8 ans. Les participants n’avaient aucune difficulté de mobilité au début de l'étude et ont été évalués par téléphone tous les six mois. Les tests comprenaient l’évaluation de la capacité à détecter certaines odeurs, les symptômes dépressifs et toujours la mobilité.

 

  • A l’inclusion, lorsque l'odorat a été évalué pour la première fois, 48 % des participants présentaient un odorat normal, 28 % présentaient un odorat diminué ou hyposmie, et 24 % avaient une perte profonde d’odorat ou anosmie ;
  • les participants ayant un meilleur odorat au départ, avaient tendance à être plus jeunes ;
  • au cours du suivi, 25 % des participants ont développé des symptômes dépressifs importants ;
  • les participants qui ont accusé une perte d'odorat réduite ou significative sont aussi ceux qui ont présenté un risque accru de développer des symptômes dépressifs au cours du suivi ;

3  « trajectoires » de symptômes dépressifs sont identifiées :

 

  • symptômes dépressifs stables faibles,
  • symptômes stables modérés,
  • symptômes stables élevés.

un odorat plus faible est associé à un risque accru de symptômes dépressifs modérés ou élevés ;

  • en d’autres termes, plus l'odorat d'un participant était mauvais, et plus ses symptômes dépressifs étaient élevés ;
  • ces résultats persistent même après ajustement en fonction de l'âge, du revenu, du mode de vie, des facteurs de santé et de l'utilisation d'antidépresseurs.

 

Ainsi, on retiendra que la perte de l’odorat est associée (ou influence ?) de nombreux aspects de notre santé et de notre comportement.

« C’est un indicateur de vulnérabilité important de "quelque chose" dans la santé qui a mal tourné »,

ajoutent les chercheurs qui rappellent que l'odorat est aussi un sens important pour s'engager dans le monde qui nous entoure.

 

L'odorat humain est l'un des deux sens "chimiques" : il fonctionne à travers des cellules sensorielles spécialisées, appelées neurones olfactifs, situés dans le nez. Ces neurones ont un récepteur d'odeur qui capte les molécules libérées par les substances qui nous entourent, puis les relaie au cerveau pour interprétation. Plus la concentration de ces molécules odorantes est élevée, plus l'odeur est forte, et différentes combinaisons de molécules entraînent des sensations différentes. L'odorat est ensuite traité dans le bulbe olfactif du cerveau, qui interagit étroitement avec l'amygdale, l'hippocampe et d'autres structures cérébrales qui régulent et permettent la mémoire, la prise de décision et les réponses émotionnelles.

  • L'olfaction et la dépression pourraient être liées ainsi à la fois par des mécanismes biologiques mais également comportementaux.

 

L’équipe prévoit de valider ces résultats sur un échantillon plus large et d’effectuer l’examen des bulbes olfactifs des participants pour déterminer comment ce système est altéré chez les personnes diagnostiquées avec une dépression.

 

L'odorat pourrait peut être utilisé dans les stratégies d'intervention pour atténuer le risque de dépression en fin de vie ?


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