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IMMUNITÉ : L’exercice régule l'inflammation, juste ce qu'il faut

Actualité publiée il y a 11 mois 2 semaines 4 jours
American Journal of Physiology
On sait que l’inflammation est la première phase d’une réponse immunitaire protectrice, cependant, lorsqu’elle devient chronique et excessive l’inflammation entraîne de graves maladies (Visuel Adobe Stock 599908251)

On sait que l’inflammation est la première phase d’une réponse immunitaire protectrice, cependant, lorsqu’elle devient chronique et excessive l’inflammation entraîne de graves maladies, dont les troubles auto-immunes, des maladies cardiovasculaires, le diabète et le cancer. Cette étude menée à l’Université de York (Toronto) apporte de nouvelles preuves de l’efficacité de l'exercice contre l'inflammation excessive. Au-delà, ces travaux, publiés dans l’American Journal of Physiology, confirment que l’exercice est un immunomodulateur en puissance : en d'autres termes, il module la fonction des cellules macrophages dans la moelle osseuse.

 

L'inflammation dans le corps est souvent analysée pour ses effets négatifs, alors qu’elle est la première réponse du corps à l'infection et à d'autres facteurs de stress. Un certain niveau d'inflammation est en effet nécessaire et souhaitable. Cependant, en dépit de son importance dans la protection de l'hôte contre les infections et les blessures, une inflammation excessive peut entrainer des conséquences sévères. On a pu l’observer durant la pandémie COVID avec les redoutables tempêtes de cytokines : « Les personnes qui sont tombées gravement malades à cause du COVID-19, sont entrées dans ce qu'on appelle « une tempête de cytokines », ces patients ont libéré un nombre massif de cytokines, des médiateurs produits par les cellules inflammatoires et cet afflux a provoqué une accumulation mortel de fluides dans les poumons ».

 

Par ailleurs, on connaît depuis longtemps l’impact bénéfique et modulateur de l’exercice, sur la réponse de l'organisme à l'inflammation, mais jusque-là sans comprendre pourquoi. Par ailleurs, on ignore si l'exercice provoque des changements à long terme dans les réponses inflammatoires.

Exercice modéré, contrôle du métabolisme et de la réponse inflammatoire

L’étude, menée sur la souris suggère que les réponses pourraient se situer au niveau de la production de macrophages, ces globules blancs qui luttent contre les infections, participent à la cicatrisation et sont, finalement, les premiers intervenants à protéger le corps. L’étude montre que l'entraînement chronique d'intensité modérée des souris favorise un équilibre métabolique persistant et des modifications (de la chromatine) dans les macrophages dérivés de la moelle osseuse ce qui tempère leurs réponses inflammatoires :

 

  • 6 à 8 semaines d'exercice entraînent des changements significatifs et apparents, vs souris sédentaires ;
  • les globules blancs des souris modèles d’exercice présentent une diminution de l'activation des facteurs de transcription NF-kB, impliqués dans la réponse inflammatoire, induite par les lipopolysaccharides (LPS),
  • ces mêmes globules blancs bénéficient également d’une baisse de l'expression des gènes pro-inflammatoires ;
  • leur « qualité mitochondriale » (capacité énergétique) et la production d’espèces réactives de l'oxygène (ROS) mitochondriales est réduite ;
  • des changements sont observés dans l’expression de gènes associés aux voies inflammatoires et métaboliques ;
  • enfin, ces changements sont toujours observés une semaine plus tard, suggérant qu’ils perdurent à long terme.

 

Dans l'ensemble, ces observations suggèrent que

l'exercice modéré et régulier peut influencer la réponse inflammatoire et/ou immunitaire.

« L'exercice d'intensité modérée finit par entraîner les précurseurs de ces macrophages dans la moelle osseuse », ajoute l’auteur principal, le Dr Ali Abdul-Sater, professeur de Kinésiologie et de sciences de la santé : « l'exercice modifie la façon dont ces cellules respirent, essentiellement, dont elles utilisent l'oxygène pour générer de l'énergie et dont elles « expriment » leur ADN ».

 

"L'inflammation est incroyable, c'est une partie très importante de notre réponse immunitaire normale, mais nous devons prévenir l’inflammation excessive. Les maladies cardiaques, le diabète, de nombreux cancers et maladies auto-immunes se développent essentiellement parce que la réponse inflammatoire est inappropriée ».

 

Prochaines étapes : l’équipe poursuit ses recherches avec l’objectif d’analyser, in vitro, des cellules immunitaires de volontaires humains qui pratiqueront des exercices de différentes intensités. L’objectif étant d’identifier les routines d'entraînement les plus bénéfiques pour équilibrer la réponse inflammatoire, mais avant tout d’identifier les mécanismes sous-jacents de cet impact bénéfique de l’exercice non seulement sur la santé métabolique, mais également sur la santé immunitaire à long terme.