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INCONTINENCE MASCULINE : Quand la prostate s'en mêle

Actualité publiée il y a 10 mois 4 jours 7 heures
Prostatectomie/ Cochrane Library
Les études rapportent une prévalence de 36 à 50% de l'incontinence dans les 3 mois qui suivent la prostatectomie radicale.

Le cancer de la prostate et l’hyperplasie prostatique -un élargissement bénin de la prostate fréquent chez les hommes de 50 ans et plus-, sont deux conditions largement associées à la survenue d’une incontinence masculine. Ces deux conditions peuvent être traitées par une intervention chirurgicale, mais le risque d’incontinence urinaire d’effort reste élevé après prostatectomie radicale et le risque d’urgenturie également après résection transurétrale. Les experts du Cochrane Incontinence Group proposent un point sur l’épidémiologie de ces incontinences et sur les preuves d’efficacité des traitements conservateurs disponibles.

 

  • Il n'est pas rare que les hommes souffrent d'incontinence urinaire après une prostatectomie : la prévalence de l'incontinence urinaire après prostatectomie radicale est largement rapportée, allant de 2% à 60%, selon la période post-intervention. Les études rapportent une prévalence de 36 à 50% de l'incontinence dans les 3 mois qui suivent la prostatectomie radicale. À 12 mois, ce taux descend à 16 à 20%.
  • L'incontinence urinaire est moins fréquente après résection trans-urétrale de la prostate (TURP : transurethral resection of the prostate) pour une maladie bénigne de la prostate. La plupart des cas sont en fait liés dus à une incontinence persistante antérieure à la chirurgie. L'incontinence urinaire par impériosité « précoce », juste après l’intervention, affecte jusqu'à 30% à 40% des hommes, mais l'incontinence d'effort ou « incontinence urinaire de stress » tardive, est rare et affecte moins de 0,5% des patients.

 

 

Après les deux types d'intervention, le trouble de la continence a tendance à se résorber avec le temps, et disparaît en général un à deux ans après. Cependant, chez certains patients l’incontinence peut persister durant des années.

 

Quels Mécanismes ?

  • Il existe un débat, dans la littérature, sur la question des causes d’incontinence après prostatectomie : cette incontinence est-elle due à un effet sur le muscle détrusor (vessie) ou sur le sphincter, car ces deux anomalies coexistent généralement. Le développement d’une hyperactivité du détrusor et/ou d’une insuffisance sphinctérienne sont les principales causes d'incontinence persistante après prostatectomie radicale. Mais on ne sait précisément quel est le facteur primaire et/ou le facteur secondaire. A ces deux effets secondaires, s’ajoute le facteur âge souvent synonyme d'atrophie du sphincter et de dégénérescence neurale ainsi que certains antécédents d’interventions, la préexistence de maladies neurologiques, dont Parkinson et la démence ou la prise de certains médicaments.
  • Après résection trans-urétrale de la prostate (TURP), on pense que l'incontinence est majoritairement liée à des anomalies préexistantes de la fonction vésicale, dont une hyperactivité du détrusor, plutôt qu'une lésion directe du sphincter.

 

 

Quels traitements conservateurs ?

Les traitements post-prostatectomie sont plutôt « conservateurs », c’est-à-dire qu’ils n'impliquent pas de médicaments ou de chirurgie, les thérapies de type biofeedback avec sonde intra-anale étant considérés ici comme non-invasives. Parmi ces traitements, les exercices des muscles du plancher pelvien, la stimulation électrique (non invasive) transcutanée délivrée par des électrodes de surface, la stimulation électrique anale, les interventions de mode de vie, la stimulation magnétique extra-corporelle et les pinces péniennes…

Cette méta-analyse conclut à,

  • des preuves modérées des bénéfices apportés par les exercices de renforcement du plancher pelvien, en termes de réduction de l'incontinence urinaire : soit 10% à 1 an dans les groupes d'intervention vs 32% dans les groupes témoins. Cependant d’autres recherches restent nécessaires.
  • Certaines études font valoir un certain taux de satisfaction des patients, avec les dispositifs de compression externes (pinces), qui réduisent au mieux la perte d'urine.
  • Enfin, il existe peu de données sur l’efficacité d’interventions de mode de vie, dont une meilleure gestion des apports en liquides, une alimentation saine, l'évitement de la caféine, la pratique de l’exercice physique, la perte de poids et l'arrêt du tabagisme.

 

L’efficacité des différentes approches conservatrices de l'incontinence post-prostatectomie est donc incertaine, concluent les experts qui appellent à des essais rigoureusement conçus pour mieux identifier les besoins des patients incontinents post-prostatectomie ou post-résection transurétrale de la prostate. Enfin, sur le recours aux protections, considéré aussi comme une mesure de la sévérité de l’incontinence (pad test), les experts n’identifient aucune différence statistiquement significative, à 12 mois, entre les patients des groupes d'intervention (40%) vs groupes témoins (42%).

Cela suggère que, quelle que soit l’efficacité des différents traitements conservateurs, les protections masculines apportent aux patients, durant les années qui suivent l’intervention un bon niveau de confort et de sécurité.

 

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