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INFECTION NOSOCOMIALE : Candida auris, le champignon qui envahit l’hôpital

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 3 jours
ECDC
Le champignon Candidozyma auris résistant aux médicaments envahit les hôpitaux européens (Visuel Adobe Stock 140062846)

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) alerte : le champignon Candidozyma auris résistant aux médicaments envahit les hôpitaux européens. Ce bilan qui montre une augmentation du nombre de cas et une ampleur croissante des épidémies dans plusieurs pays européens, ce qui suggère une transmission locale continue et appelle à des actions urgentes.

 

Candidozyma auris (C. auris) est un champignon qui se propage généralement dans les établissements de santé. Il est déjà connu comme « le champignon qui monte en puissance ». Il est souvent résistant aux antifongiques et peut provoquer des infections graves chez les patients gravement malades. Sa capacité à persister sur différentes surfaces et équipements médicaux, ainsi qu'à se propager d'un patient à l'autre, le rend particulièrement difficile à contrôler.

 

L'étude livre de nouvelles données particulièrement préoccupantes : entre 2013 et 2023, les pays de l'UE/EEE ont signalé

plus de 4.000 cas, avec une augmentation significative à 1.346 cas signalés par 18 pays pour la seule année 2023.

  • 5 pays, l'Espagne, la Grèce, l'Italie, la Roumanie et l'Allemagne ont enregistré la plupart des cas au cours de la décennie, cependant aucun pays européen n’est épargné : ainsi,
  • des épidémies récentes ont été signalées à Chypre, en France et en Allemagne,

  • tandis que la Grèce, l'Italie, la Roumanie et l'Espagne ont indiqué ne plus être en mesure de distinguer les épidémies spécifiques en raison d'une trop large diffusion régionale ou nationale.
  • Dans plusieurs de ces pays, une transmission locale soutenue s'est produite quelques années seulement après le premier cas documenté, mettant en évidence une fenêtre critique pour enrayer la propagation.

 

L’un des auteurs principaux, le Dr Diamantis Plachouras, expert des IAS et des antimicrobiens et infections associées aux soins de l'ECDC

« C. auris s'est propagé en quelques années seulement, passant de cas isolés à une propagation généralisée dans certains pays. Ces dernières données témoignent de la rapidité avec laquelle il peut s'installer dans les hôpitaux ».

« Mais ce n'est pas inévitable ».

Quelles implications ? L’urgence d’une détection précoce qui pourrait encore prévenir une nouvelle transmission. Car si certains pays ont déjà obtenu des résultats positifs en limitant les épidémies de C. auris, beaucoup sont confrontés à des lacunes importantes. Seuls 17 des 36 pays participants disposent actuellement d'un système national de surveillance de C. auris et seuls 15 pays ont élaboré des directives nationales spécifiques de prévention et de contrôle des infections.

 

Enfin, les systèmes de surveillance n’étant pas optimisés, l'ampleur réelle du problème est très probablement sous-estimée.

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