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INFECTION POST-OP : Quand c’est la faute du microbiote

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 1 semaine
Cell Reports
Après une intervention chirurgicale, des bactéries provenant de l'intestin peuvent pénétrer dans l'organisme (Visuel Adobe Stock 330354678)

Cette équipe de l’Université de Wurtzbourg (Allemagne) décrypte comme, après une intervention chirurgicale, des bactéries provenant de l'intestin peuvent pénétrer dans l'organisme. Des cellules spéciales du système immunitaire situées dans le foie se mobilisent alors pour les combattre. Ces travaux, publiés dans les Cell Reports, contribuent à expliquer le développement d’infections post-opératoires avec parfois des conséquences dramatiques voire mortelles pour les patients concernés et suggèrent de nouvelles pistes pour renforcer l'immunité face à ces infections.

 

Ainsi, même si l’intervention se déroule correctement, même si l’intestin n’a pas été touché ou lésé durant l’opération, des bactéries provenant de l'intestin du patient peuvent ces infections mortelles. Ces agents pathogènes sont en effet capables de franchir la barrière intestinale après l'opération, de se propager dans tout le corps via la circulation sanguine et les vaisseaux lymphatiques. Heureusement, ils peuvent être arrêtés par des cellules immunitaires spéciales, qui patrouillent tous les organes, y compris le foie.

Mieux comprendre les infections « secondaires »

« On sait depuis longtemps que les infections secondaires augmentent la mortalité lors d'interventions invasives. Pour cette raison, des mesures d'hygiène et d'asepsie importantes sont mises en place pour éliminer les micro-organismes dans le champ opératoire », explique l’un des auteurs principaux, le Dr Guido Beldi, chef du service de chirurgie viscérale de l'Hôpital universitaire de Berne.

 

Le danger vient de l'intestin du patient ! Dans l’intestin, vivent 100 milliards de micro-organismes différents qui constituent le microbiome. Leur existence est bénéfique pour l'Homme car ces bactéries permettent la digestion, éliminent les agents pathogènes et contribuent au système immunitaire.

Mais à condition que ces bactéries ne franchissent pas la barrière intestinale et ne se propagent pas dans tout le corps.

C’est exactement ce qui peut se produire après une intervention chirurgicale : les chercheurs identifient ici ce processus, chez plus de 4 000 patients après une intervention chirurgicale majeure. Dans tous les cas, les agents infectieux étaient des bactéries provenant de l'intestin du patient, telles que

Enterococcus, Escherichia coli et Clostridium.

Ces bactéries provoquent le plus souvent des infections après des opérations sur le foie, le pancréas et les voies biliaires, ainsi que lors d'opérations sur l'intestin grêle et le gros intestin. En particulier, chez les patients ayant subi une résection hépatique majeure. De telles infections ralentissent considérablement le processus de guérison.

 

L’étude : sur la souris modèle, l’équipe montre que le foie joue en fait un rôle particulier dans ce processus d'infection : des cellules spéciales du système immunitaire qui résident dans le foie exercent un contrôle de ces bactéries qui se propagent et sont ainsi impliquées dans le processus de guérison, après une intervention chirurgicale majeure.

 

Un mécanisme de défense :

 

  • Il s'agit d'un groupe de lymphocytes appelés cellules lymphoïdes innées (ILC), qui jouent un rôle important dans le système immunitaire inné.
  • Lorsque les bactéries de l'intestin pénètrent dans le foie via la circulation sanguine, ces ILC sont activées et libèrent des substances messagères spéciales, telles que l'interleukine 22, une protéine qui peut déclencher et réguler les réactions immunitaires. Ainsi, les ILC incitent les cellules hépatiques à produire des substances antimicrobiennes. « De cette façon, les cellules lymphoïdes innées résidant dans le foie contrôlent la propagation systémique des bactéries intestinales et combattent efficacement les infections secondaires après la chirurgie », résument les chercheurs.

 

Renforcer ce type d’immunité constitue donc une voie prometteuse pour réduire le risque de telles infections post-opératoires. Il reste à clarifier quels sont les facteurs responsables de la « perméabilité » de la barrière intestinale après l’intervention chirurgicale.


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