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JEÛNE INTERMITTENT : Peut-il favoriser le développement du diabète ?

Actualité publiée il y a 1 année 5 mois 2 jours
ECE 2018
Si lutter contre l’obésité est une priorité en Santé publique, cette intervention ne doit pas se faire au dépend d’une incidence accrue du diabète de type 2

On parle beaucoup des jeûnes intermittents, avec des bénéfices possibles pour le métabolisme et le maintien du poids, cependant les données restent contradictoires. De plus, en imposant des changements importants à l'action de l'hormone régulatrice du sucre, l'insuline, le jeûne intermittent -ici pratiqué tous les 2 jours- pourrait augmenter le risque résistance à l"insuline et entraîner le développement d'un diabète, suggère cette étude présentée à Barcelone lors de la réunion annuelle de la European Society of Endocrinology, ECE 2018. Bref, dans son irrégularité même et dans l'effort même qu'il lui impose, le jeûne intermittent pourrait finir par déséquilibrer notre métabolisme.

 

Si lutter contre l’obésité est une priorité en Santé publique, cette intervention ne doit pas se faire au dépend d’une incidence accrue du diabète de type 2, l’autre épidémie mondiale croissante étroitement liée à l'obésité. Alors que la glycémie est partiellement régulée par l’insuline produite par le pancréas, si les niveaux d'insuline sont trop bas ou si le corps devient résistant à ses effets, les niveaux élevés de sucre dans le sang ou le diabète de type 2 peuvent causer de graves problèmes de santé dont des problèmes cardiaques, des maladies rénales et des troubles oculaires. Or, les régimes de type jeûne intermittent pourraient bien entraîner ces effets nocifs à long terme sur la santé. De précédentes études ont, en particulier, montré que le jeûne à court terme favorise la production de radicaux libres, des substances chimiques hautement réactives qui peuvent causer des altérations du fonctionnement de certains organes, un risque de cancer et l’accélération du vieillissement.

 

L’équipe de l'Université de Sao Paulo a examiné précisément ces effets sur la base d’un jeûne tous les deux jours chez des rats adultes normaux et sur une période de 3 mois. L’étude montre que si l'apport alimentaire et le poids corporel des rats ont bien diminué comme prévu au cours du suivi de l’étude, leur masse adipeuse abdominale a augmenté. En outre, les cellules du pancréas qui libèrent l'insuline présentent des dommages, des niveaux accrus de radicaux libres et les chercheurs constatent, chez les animaux, la présence de marqueurs de résistance à l'insuline.

 

Malgré la perte de poids, le jeûne intermittent peut endommager le pancréas et affecter la fonction insulinique chez des individus normaux en bonne santé, concluent les chercheurs, ce qui pourrait entraîner le développement d’un diabète et de graves problèmes de santé. L’équipe va poursuivre ses recherches pour mieux comprendre comment ce régime peut nuire au fonctionnement du pancréas et à la fonction de l'insuline.

 

Il reste à éclaircir donc les nombreux résultats contradictoires sur les avantages et les inconvénients de nombreux types de régimes de type jeûne intermittent. Les chercheurs soulignent qu’il faudra également considérer que les personnes en surpoids ou obèses qui optent pour ces régimes alimentaires pouraient déjà avoir, pour certaines d’entre elles, une résistance à l'insuline…

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