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KÉTAMINE : Elle réduit les symptômes sociaux de la dépression

Actualité publiée il y a 1 mois 1 semaine 1 jour
Molecular Psychiatry
Une forme de kétamine, un anesthésique courant, permet de réduire les déficiences sociales associée à la dépression (Visuel Adobe Stock 514755825)

Cette équipe de pharmacologues de l'Université d'Osaka vient de découvrir qu'une forme de kétamine, un anesthésique courant, permet de réduire les déficiences sociales associée à la dépression. Si la démonstration, présentée dans la revue Molecular Psychiatry, est effectuée chez la souris, l’étude décrypte le mécanisme thérapeutique : la kétamine rétablit l'activation neuronale dans une région spécifique du cerveau.

 

En pratique, chez des souris modèles ont été élevées dans des conditions d'isolement social, la (R)-kétamine a permis de restaurer leur fonction cognitive sociale réduite via l'activation du cortex insulaire. Des résultats expérimentaux, mais qui vont certainement trouver des applications cliniques, compte-tenu du défi de taille posé aujourd’hui par la dépression dans nos sociétés occidentales.

 

La kétamine est déjà utilisée à faibles doses pour traiter la dépression, mais ses effets sur le cerveau restent encore mal compris. Généralement, la kétamine fait référence à un mélange de 2 formes différentes de kétamine : la (S)-kétamine et la (R)-kétamine. Ces 2 molécules sont des isomères miroirs, ou énantiomères : elles ont la même formule moléculaire, mais leurs formes tridimensionnelles sont des images miroir l’une de l’autre. Bien que le mélange se présente généralement sous forme de paires (S) et (R), il peut également être séparé en (S)-kétamine et (R)-kétamine. Et chaque type de kétamine est bénéfique dans le traitement de la dépression, en dépit d’effets bien spécifiques.

 

L’étude teste les effets de la (S)-kétamine et de la (R)-kétamine sur les symptômes de type dépression chez la souris modèle. Étant donné que la dépression et les déficiences sociales peuvent être induites par un isolement social à long terme, les chercheurs ont utilisé une souris modèle d’isolement social chronique- isolée durant au moins 6 semaines. Les chercheurs ont ensuite utilisé une méthode qui leur a permis de comparer directement l’activation neuronale dans tout le cerveau de souris traitées avec de la (S)-kétamine, de la (R)-kétamine ou une solution saline (comme contrôle) directement après des tests comportementaux. L’analyse de ces observations révèle que :

 

  • l'isolement social chronique entraîne une diminution de l'activation neuronale dans le cortex insulaire antérieur, une région cérébrale impliquée dans la régulation émotionnelle, lors du contact social ;
  • la (R)-kétamine, mais pas la (S)-kétamine, inverse cet effet de diminution ;
  • les souris traitées avec la (R)-kétamine reconnaissent ainsi mieux des souris inconnues lors d'un test de mémoire sociale, ce qui suggère que la (R)-kétamine induit une amélioration de la cognition sociale ;
  • lorsque l’activité neuronale est artificiellement supprimée dans le cortex insulaire antérieur, les améliorations induites par la (R)-kétamine disparaissent.

 

Prises ensemble ces observations mettent en évidence

l'implication du cortex insulaire antérieur dans la médiation des effets positifs induits la (R)-kétamine contre les déficiences sociales.

La démonstration est apportée « du moins chez la souris », explique Hitoshi Hashimoto, auteur principal de l'étude, cependant ces premières données indiquent que la (R)-kétamine pourrait être meilleure que la (S)-kétamine pour améliorer la cognition sociale.

 

Face à l’augmentation des taux d’isolement social et de dépression dans le monde entier, la (R)-kétamine apparaît un traitement prometteur, qui pourrait contribuer à une meilleure qualité de vie des personnes souffrant de ces troubles associés.


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