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L’ADIPOSITÉ associée au risque de décès de cancer de la prostate

Actualité publiée il y a 5 mois 2 semaines 4 jours
BMC Medicine
Il existe un lien significatif entre la graisse corporelle et le risque de décès de cancer de la prostate (Visuel Fotolia)

Cette recherche, menée à l’Université d’Oxford, présentée au Congrès européen sur l'obésité (ECO, Maastricht) et publiée simultanément dans la reçue BMC Medicine confirme un lien significatif entre la graisse corporelle et le risque de décès de cancer de la prostate. L’étude, la plus grande étude jamais réalisée sur le sujet, conclut précisément que pour chaque tranche de 10 cm supplémentaire de tour de taille, le risque de décès par cancer de la prostate augmente de 7 %.

 

Cette conclusion est issue en effet de l’analyse des données de 2,5 millions d'hommes. Et cette association identifiée entre l’adiposité et le cancer de la prostate, ne vaut pas seulement pour la graisse abdominale, mais aussi pour la graisse corporelle globale. Alors que le cancer de la prostate est le cancer le plus répandu et la deuxième cause de décès par cancer chez les hommes, « identifier et sensibiliser à ce facteur de risque est essentiel pour le prévenir », explique l’auteur principal, le Dr Aurora Perez-Cornago de l’Université d'Oxford.

Le surpoids, un facteur majeur et modifiable

On sait que les principaux facteurs de risque de cancer de la prostate comprennent l’âge, les antécédents familiaux et l'origine ethnique mais ces facteurs ne sont pas modifiables. Le facteur adiposité peut être contrôlé.

 

L’étude : il s’agit d’une méta-analyse des données de 19 études prospectives (dont les participants étaient exempts de cancer à l’inclusion) portant sur un total de 2,5 millions d'hommes ainsi que des données de plus de 200.000 hommes participant à la UK Biobank. L'adiposité avait été évaluée au début de chaque étude, avec jusqu'à 4 mesures différentes : l'indice de masse corporelle (IMC), le tour de taille, le rapport taille/hanches et le taux de graisse corporelle. L’analyse confirme que :

 

  • il existe une association marquée entre l’adiposité et un risque accru de cancer de la prostate mortel ;
  • chaque augmentation de 5 points d’IMC augmente de 10 % le risque de décès par cancer de la prostate ;
  • chaque augmentation de 5 % du pourcentage de graisse corporelle totale augmente de 3 % le risque de décès par cancer de la prostate ;
  • ce risque est également accru avec l'adiposité centrale ou abdominale : chaque augmentation de 0,05 du rapport taille/hanche augmente de 6 % le risque de cancer de la prostate mortel de 6 % ;
  • chaque augmentation de 10 cm (3,9 pouces) du tour de taille augmentait les chances de 7%.

 

Pris ensemble, ces résultats confirment que les hommes présentant une adiposité totale et abdominale plus élevée ont un risque accru de décès de cancer de la prostate. Plusieurs mécanismes biologiques sont proposés pour expliquer cette association, dont l’inflammation associée à l’obésité, cependant « il est probable aussi que la maladie soit plus difficile à détecter chez les hommes obèses, ce qui conduit à la diagnostiquer plus tardivement, et donc avec moins de chances de pouvoir la traiter ».

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