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L’OBÉSITÉ explique et aggrave le risque de maladie gingivale

Actualité publiée il y a 9 mois 6 jours 16 heures
Journal of Dental Research
Cette recherche à la fois alerte contre un effet jusque-là peu documenté de l’obésité, et contribue à améliorer la compréhension des maladies inflammatoires osseuses chroniques -associées à l'obésité (Visuel Adobe Stock 264395936)

Cette recherche de chirurgiens-dentistes de l’Université de Buffalo (UB) à la fois alerte contre un effet jusque-là peu documenté de l’obésité, et contribue à améliorer la compréhension des maladies inflammatoires osseuses chroniques -associées à l'obésité. Parmi ces maladies, l'arthrite et l'ostéoporose et certaines maladies gingivales ou parodontales. Ces travaux, publiés dans le Journal of Dental Research, montrent comment certaines cellules immunitaires, induites en plus grand nombre par l'obésité, les cellules myéloïdes suppressives (MDSC pour myeloid-derived suppressor cells) favorisent la croissance des cellules destructrices des os.

 

Et cette augmentation du nombre d’ostéoclastes destructeurs d'os pendant les maladies des gencives est liée à une perte osseuse accrue autour des dents qui induit la maladie parodontale. C’est précisément l'inflammation chronique causée par l'obésité qui déclenche cet excès de cellules qui décomposent le tissu osseux, dont l'os qui maintient les dents en place.

Un lien décrypté entre l'obésité et la maladie des gencives

C’est la première fois qu’une étude décrypte cette relation entre l'obésité et la maladie parodontale, commente l’auteur principal, le Dr Keith Kirkwood, professeur de biologie buccale à l'UB School of Dental Medicine. Les chercheurs ont suivi 2 groupes de souris nourries avec des régimes alimentaires très différents au cours de 16 semaines : un groupe avec un régime pauvre en graisses avec 10 % de l’apport calorique en graisses, l'autre groupe avec un régime riche en graisses (45 % de l’apport calorique en graisses). L'analyse montre que le groupe ayant reçu un régime riche en graisses :

 

  • développe une obésité, plus d'inflammation et une augmentation plus importante des MDSC dans la moelle osseuse par rapport au groupe ayant un régime pauvre en graisses ;
  • un nombre significativement plus élevé d'ostéoclastes et perdu plus d'os alvéolaire ;
  • présente une expression bien plus élevée de 27 gènes liés à la formation des ostéoclastes.

 

L’inflammation de l'obésité en cause : l'étude préclinique révèle qu'une inflammation excessive résultant de l'obésité augmente le nombre de cellules suppressives dérivées des myéloïdes (MDSC), un groupe de cellules immunitaires qui augmente pendant la maladie pour réguler la fonction immunitaire. Les MDSC, qui proviennent de la moelle osseuse, se développent en différents types de cellules, y compris les ostéoclastes (des cellules qui décomposent le tissu osseux).

 

La perte osseuse, symptôme majeur de la maladie des gencives : inflammation liée à l’obésité, excès ostéoclastes, perte osseuse et perte des dents, c’est donc le cercle vicieux, cette fois ci parodontal, associé à l’obésité. Avec une prévalence non marginale, alors qu’au total, la maladie parodontale affecte plus de 47 % des adultes de 30 ans et plus dans le monde.

 

Les résultats éclairent plus largement les mécanismes sous-jacents à l'origine d'autres maladies inflammatoires osseuses chroniques associées à l'obésité, telles que l'arthrite et l'ostéoporose. Ici, dans la maladie parodontale, l'expansion des MDSC liée à l'obésité est liée à une destruction accrue de l'os alvéolaire.

 

« Prises ensemble, ces données soutiennent l'hypothèse selon laquelle l'obésité augmente le risque de perte osseuse parodontale ». Une motivation supplémentaire, s'il en fallait, à maintenir un poids de santé.

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