LONGÉVITÉ : Pourquoi il vaut mieux combiner différents types d’activités
Varier les activités physiques serait-il un des secrets d’une longévité en bonne santé ? Cette étude menée par une équipe de médecins, médecins du sport et nutritionnistes de la Harvard T H Chan School of Public Health (Boston) confirme que la variété, tout autant que la quantité totale d’activité pratiquée, est associée à une réduction du risque de décès prématuré. Cependant, selon ces données publiées dans le British Medical Journal (BMJ), l’association n'est pas linéaire et un possible effet de seuil est suggéré.
Bien que l'exercice physique soit systématiquement associée à une meilleure santé physique et mentale et à un risque de mortalité plus faible, les preuves concernant l'impact potentiel des différents types d'activité physique sont moins concluantes. Les chercheurs ajoutent qu'il n'est pas certain que la variété prime sur la quantité et vice versa. Le principal message reste bien qu’une pratique régulière d'activités physiques variées reste une méthode éprouvée pour prolonger l'espérance de vie en bonne santé.
L'importance d'un mode de vie actif
L’étude analyse les données de 2 grandes études de cohorte comportant des évaluations répétées de l'activité physique des participants, suivis sur plus de 30 ans : la Nurses' Health Study (121.700 participantes) et la Health Professionals Follow-Up Study (51.529 participants). Les participants ont renseigné leurs caractéristiques personnelles, leurs antécédents médicaux et leurs modes de vie à l’inclusion, puis tous les 2 ans, par questionnaires. Ainsi, les chercheurs disposaient de données sur la pratique de la marche, du jogging, de la course à pied, du vélo (dont stationnaire), de la natation, l'aviron ou la gymnastique, le tennis et le squash ou même le jeu de raquettes. L’équipe disposait également de données sur la musculation ou les exercices de résistance, ainsi que sur les exercices de faible intensité, tels que le yoga, les étirements et le renforcement musculaire. Les activités physiques « du quotidien » comme tondre la pelouse ou faire du jardinage ou couper du bois, ont également été prises en compte. Les participants ont également précisé combien d'étages ils montaient quotidiennement.
L'analyse des niveaux d'activité physique a porté sur 111.467 participants. L'analyse de la variété des activités physiques a porté sur 111.373 participants. Les chercheurs ont calculé le score MET pour chaque activité physique en multipliant le temps moyen (en heures/semaine) consacré à cette activité par sa valeur MET. Les MET mesurant la différence d'énergie dépensée pendant une activité par rapport au repos. L’analyse révèle que :
- parmi les 11 activités renseignées dans une cohorte et les 13 dans l’autre cohorte, la marche est l'activité physique de loisir la plus fréquente ;
- les hommes sont plus enclins à faire du jogging et de la course à pied vs les femmes ;
- les participants ayant un niveau d'activité physique totale plus élevé sont moins susceptibles de présenter des facteurs de risque, tels que le tabagisme, une hypertension artérielle ou une hypercholestérolémie ;
- les participants ayant un niveau d'activité physique totale plus élevé sont également plus susceptibles d'avoir un poids plus faible (IMC plus bas), de consommer de l'alcool, d'avoir une alimentation saine, d'être mieux intégrés socialement
- et de pratiquer une plus grande variété d'activités physiques ;
- au cours du suivi de plus de 30 ans, 38.847 participants sont décédés : 9.901 de maladies cardiovasculaires, 10.719 de cancers et 3.159 de maladies respiratoires ;
-
la pratique de l'activité physique totale et la plupart des types d'activités physiques individuelles, à l'exception de la natation sont associées à une réduction du risque de mortalité toutes causes confondues ;
- cependant, ces associations ne sont pas linéaires et celles liées à l'activité physique totale se stabilisent après avoir atteint 20 heures MET hebdomadaires,
- ce qui suggère l'existence d'un seuil optimal ;
- la marche est associée au risque de décès le plus faible (17 %) chez les personnes qui marchent le plus, vs le moins ;
- monter les escaliers est associé à une réduction de 10 % du risque de décès prématuré ;
- les associations observées pour les autres types d'activité sont les suivantes : tennis, squash ou raquettes : risque réduit de 15 % ; aviron ou gymnastique : risque réduit de 14 % ; musculation ou exercices de résistance : risque réduit de 13 % ; course à pied : risque réduit de 13 % ; jogging : risque réduit de 11 % ; et cyclisme : risque réduit de 4 % ;
- pratiquer une plus grande variété d'activités physiques est associé à un risque de décès plus faible ;
- après ajustement pour la quantité d’activité, la pratique d’activités physiques variées est associée à une réduction de 19 % du risque de mortalité toutes causes confondues et à une réduction de 13 à 41 % du risque de mortalité par maladies cardiovasculaires, cancer, maladies respiratoires et autres causes.
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