MALADIE de PARKINSON : Pourquoi 2 fois plus fréquente chez les hommes ?
La maladie de Parkinson est 2 fois plus fréquente chez les patients de sexe masculin, pourquoi ? Cette étude d’une équipe de biologistes et immunologues du La Jolla Institute (LJI) for Immunology, publiés dans le Journal of Clinical Investigation, apporte une première réponse : les cellules immunitaires pourraient expliquer cette incidence/prévalence 2 fois plus élevée chez les hommes, qui développent une réaction auto-immune plus de 6 fois plus puissante, contre les cellules cérébrales taguées avec une (nouvelle) protéine clé.
Cette recherche est dans la ligne de précédents travaux ayant déjà suggéré que
l'auto-immunité joue un rôle clé dans l'apparition de la maladie de Parkinson.
La recherche aboutit à la découverte d’une nouvelle cible possible pour le traitement de la maladie de Parkinson : une protéine, PINK1 qui marque certaines cellules cérébrales pour cette attaque des cellules immunitaires. Or chez les hommes atteints de Parkinson, les lymphocytes T « associés » à PINK1 sont multipliés par 6, chez les femmes atteintes de Parkinson, « seulement » par 0,7.
Le rôle clé du système immunitaire dans la maladie de Parkinson
La fameuse protéine PINK1 n'est pas dangereuse : sa mission est d’aider les cellules cérébrales à réguler leurs mitochondries, les minicentrales qui fournissent de l'énergie à la cellule. Cependant, les patients atteints de la maladie de Parkinson ont des lymphocytes T qui voient à tort PINK1 comme un signal d'alarme. Ces lymphocytes T ciblent alors les cellules cérébrales qui expriment PINK1, contribuant ainsi à l'inflammation et à la mort des cellules cérébrales.
Pourquoi la maladie de Parkinson est 2 fois plus fréquente chez les hommes : Les hommes atteints de la maladie de Parkinson présentent une multiplication par 6 fois des lymphocytes T spécifiques de PINK1, les femmes par 0,7. En d’autres termes, dans la maladie de Parkinson, les réponses des lymphocytes T sont très différentes selon le sexe.
Un nouveau marqueur diagnostique ? Au-delà d’identifier PINK1 comme la cible des lymphocytes T qui alimentent la réaction immunitaire, la recherche désigne PINK1 comme un marqueur utile de la maladie, qui pourrait probablement permettre un diagnostic plus précoce du risque de maladie neurodégénérative.
L’un des auteurs principaux, le Dr Cecilia Lindstam Arlehamn, chercheur au LJI suggère en effet : nous pourrions potentiellement développer des thérapies pour bloquer ces lymphocytes T, maintenant que nous savons quelles cellules ils ciblent dans le cerveau. Cependant, PINK1 n'est pas la seule cible importante des lymphocytes T, ou « antigène », chez les patients atteints de la maladie de Parkinson. De précédentes recherches de la même équipe ont montré que de nombreux patients atteints ont aussi des lymphocytes T qui ciblent la protéine alpha-synucléine. Le défi sera donc d’identifier toutes les protéines ou antigènes supplémentaires susceptibles de déclencher ces réactions auto-immunes.
« Pour parvenir à des traitements efficaces, nous devrons encore élargir notre champ de recherche, en tenant compte de tous les antigènes, de la gravité de la maladie et du temps écoulé depuis son apparition », concluent les chercheurs.
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